Budget : Bouchez pointe des « abus colossaux » dans les soins de santé

 À l'approche du conclave budgétaire, le MR entend réaliser l'effort uniquement du côté des dépenses publiques. Parmi les pistes d'économies avancées dimanche par Georges-Louis Bouchez figurent les soins de santé, où il dénonce des « abus colossaux », un paysage hospitalier qu'il juge « trop grand » et le statut BIM.

Dimanche, devant des centaines de militants et figures de proue du parti réunis à Braine-l'Alleud, au pied de la Butte du Lion de Waterloo, Georges-Louis Bouchez a exposé ce que les libéraux défendront: des conditions favorisant la croissance économique, et un effort budgétaire à réaliser uniquement du côté des dépenses publiques. L'Etat doit impérativement « réduire son train de vie », martèle-t-il. Face à toute suggestion d'augmentation de la TVA ou d'une taxation supplémentaire, le parti trace une ligne rouge.

Un plan de 16 à 17 milliards d'économies

Où chercher alors ces fameux 10 milliards, effort d'ici 2029 que le gouvernement s'est fixé comme objectif avant l'été? Sur le podium, face à un parterre fourni, Georges-Louis Bouchez assure que son parti a un véritable « plan pour la croissance, que nous déposerons au gouvernement dans les prochains jours ». Les clés des 10 milliards se trouveraient entre autres dans ce plan, dont ni le président de parti ni ses ministres ne souhaitent détailler le contenu concret. Dans son discours, il évoque le besoin de « déréguler » (« Aujourd'hui, le ministre le plus utile est celui qui supprime des textes! »), de baisser l'impôt, et de renforcer la formation, comme trois axes essentiels pour relancer la croissance.

Le document comporte une « trajectoire chiffrée qui comprend 16 à 17 milliards d'économies, tous niveaux de pouvoir confondus, sans élever le moindre impôt », indique Georges-Louis Bouchez. Des économies « à divers horizons », sans forcément d'impact immédiat sur le déficit, mais peu importe, insiste-t-il: « nous avons besoin de rassurer les marchés financiers. (...) Nos économies vont prendre un peu plus de temps qu'un impôt », mais ce n'est fondamentalement pas grave. Il y a un besoin structurel de revenir à l'équilibre, mais pas de problème de liquidités, souligne-t-il.

Soins de santé, hôpitaux et statut BIM

En marge de son discours, Georges-Louis Bouchez donne déjà des pistes d'économies, dont certaines peuvent être immédiates: il y a des « abus colossaux » dans les soins de santé, indique-t-il, et « le paysage hospitalier reste trop grand ». Il y a aussi du travail à faire au niveau des bénéficiaires d'intervention majorée (« statut BIM »), ajoute le Montois: « Il y a une automaticité pour certains statuts, pas de contrôle de patrimoine,.... » Il évoque finalement une cure d'amaigrissement pour la fonction publique et pour le pouvoir politique: il faut « réduire le nombre de députés, de ministres, supprimer les provinces, travailler sur la fonction publique ». « On parle de ne pas remplacer trois fonctionnaires en partance sur 5, je pense qu'on peut aller un cran plus loin », avec le soutien entre autres de l'intelligence artificielle et d'un fonctionnement revu.

Le MR maintient sa ligne rouge sur la fiscalité

Le MR a martelé ces derniers jours son refus d'une hausse de TVA. « Dans une période avec (près de) 4% d'inflation, rajouter un point de TVA, c'est sûr que ça va relancer la consommation », raille le président de parti lors de son discours. Il estime aussi qu'il a été fixé dans l'accord de gouvernement qu'on ne peut pas aller au-delà d'un neuvième de l'effort budgétaire à réaliser via la fiscalité. L'accord établit en effet que plus de deux tiers de l'effort global doit découler de réformes structurelles, et que seul un tiers de la tranche restante peut venir d'une « contribution des épaules les plus fortes et divers revenus ».

« Et ce neuvième est déjà atteint, sur l'ensemble de l'exercice budgétaire », balaie Georges-Louis Bouchez. « Alors soit on réunit les vice-Premiers parce qu'on dit qu'on va exécuter l'accord de gouvernement. Soit, si demain il y en a qui veulent revoir l'accord en disant par exemple que le 'neuvième fiscal' n'est plus tenable, parce que la situation a changé, on réinvite les présidents (de parti). »

« Dans les 6 prochains mois, se jouera le bilan des différents gouvernements », lance-t-il aux militants pour conclure son discours. « Soit on fait comme d'habitude, la râpe à fromage, soit on arrive à convaincre qu'il faut une vraie rupture ».

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Derniers commentaires

  • Raymond Moriaux

    08 septembre 2026

    Le meilleur moyen de sauver la sécu, c'est évidemment d'en exclure les bénéficiaires et d'en supprimer les structures... Idem pour les services publics : ils fonctionneront beaucoup mieux sans personnel. Le tout pour maintenir la fraude fiscale entre 10 et 30 milliards par an. Suffisait d'y penser.