L’Unité d’oncologie gynécologique du CHU de Liège (sites CHU Sart Tilman et Citadelle) est reconnue pour la troisième fois comme centre de référence par la Société européenne d’oncologie gynécologique (ESGO) pour la prise en charge chirurgicale des cancers ovariens. Une annonce confirmée dans le cadre de la Journée mondiale du cancer de l’ovaire, ce 8 mai.
Le Pr Christine Gennigens, oncologue médicale, et le Pr Frédéric Kridelka, gynéco-oncologue et chef du service de gynécologie-obstétrique, insistent sur le fait que c’est bien plus que l’approche chirurgicale qui est reconnue. Ils mettent l’accent sur leur approche multidisciplinaire centrée sur la patiente, garantissant une prise en charge personnalisée et rapide.
« Depuis 2019, nous sommes reconnus ESGO et venons d’être reconduits pour cinq ans. Un encouragement à toujours faire plus et mieux ! Parallèlement, depuis un an, nous sommes accompagnés par Medtronic IHS (Integrated Health Solutions), une division de consultants experts en santé, pour auditer notre performance : délais de prise en charge après diagnostic, qualité des soins et de la communication avec les médecins référents, engagements envers les patientes… autant d’enjeux clés pour un parcours de soins plus clair, réactif et coordonné. »
L’excellence en Belgique
Cette reconduction de la certification intervient dans un contexte national particulier puisque le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) plaide actuellement pour une concentration des soins dans les centres de référence. « Il faut un minimum de 20 et idéalement 40 cytoréductions par an pour avoir une bonne routine chirurgicale et une efficacité périopératoire. Le KCE a publié un ensemble d’indicateurs de qualité relatifs à la prise en charge du cancer de l’ovaire. Une partie de cette étude a consisté en une comparaison des taux de survie selon le nombre de patientes traitées chirurgicalement par hôpital. Il apparaît que la durée de survie médiane est plus élevée (4,2 ans contre 1,7 an) pour les patientes traitées dans les hôpitaux qui prennent en charge un grand nombre de patientes chaque année », précise le Pr Frédéric Kridelka.
Ce constat rejoint ceux du KCE pour d’autres cancers, comme ceux de l’œsophage et du pancréas. Le rapport montre qu’entre 2014 et 2018, les 4.000 femmes diagnostiquées avec un cancer de l’ovaire invasif ont été prises en charge dans 100 hôpitaux belges, dont la moitié traitaient moins de six patientes par an. Côté chirurgie, le rapport du KCE observe que seuls cinq hôpitaux ont opéré plus de 20 patientes par an. « Dans ce contexte, notre accréditation ESGO confirme notre rôle de centre chirurgical d’expertise, capable d’offrir une prise en charge globale de qualité à un grand nombre de patientes. C’est vers ce type de centres que les patientes doivent systématiquement être référées pour leur chirurgie. »
L’exigence permanente de la formation
« Notre équipe multidisciplinaire peut compter sur la gynéco-oncologie, la chirurgie abdominale, l’oncologie médicale, des anatomopathologistes, des généticiens, des radiologues, des nucléaristes, des radiothérapeutes, des infirmières et secrétaires de liaison, des psychologues, mais également l’équipe des études cliniques. Dans nos concertations oncologiques multidisciplinaires (COM), auxquelles les médecins référents sont conviés par visioconférence, nous pouvons mesurer l’importance de chacun des maillons de notre chaîne. Notre socle de compétences permet de prendre une décision d’équipe, mais aussi d’oser se remettre en question. »
La formation est essentielle : « Si l’on considère les chirurgiens gynécologues, le Dr Maud Neuberg, chirurgienne digestive, le Pr Christine Gennigens et moi-même, nous cumulons plus de 14 ans de formation dans des centres experts à l’étranger. Cela nous permet d’entretenir des connexions avec d’autres spécialistes étrangers et de rester dans l’émulation. La patiente, qui se trouve au centre de nos préoccupations, peut en bénéficier pour obtenir le traitement le plus optimal et le plus humain », ajoute le Pr Frédéric Kridelka.
Améliorer les outils informatiques
« Par ailleurs, nous collaborons avec notre service informatique. Il y a quelques mois, notre équipe visitait le centre Oscar Lambret de Lille, où certains se sont formés. Ce centre est reconnu comme numéro un en France pour le traitement du cancer de l’ovaire. Nous avons beaucoup appris de cette expérience, notamment sur leur manière de collecter et de traiter les données pour mieux piloter leur activité et identifier les améliorations possibles. Nous déployons désormais des outils similaires dans notre système informatique. Nous nous sommes également rendus au centre Agostino Gemelli à Rome, le numéro un mondial pour la chirurgie du cancer de l’ovaire, afin d’apprendre des meilleurs. »
La qualité de la recherche
Dans ce contexte, la recherche n’est pas oubliée. « Études cliniques de médicaments innovants, techniques chirurgicales… Nous possédons différents projets de recherche fondamentale et translationnelle, que ce soit sur des aspects plus chirurgicaux ou d’oncologie médicale. Nous sommes tous les deux impliqués dans différents projets avec l’Université de Liège, la Fondation contre le Cancer et Télévie. Sans oublier l’enseignement régional, national et international », souligne le Pr Christine Gennigens.
La proximité avec les médecins référents
La patiente peut aussi compter sur l’interdisciplinarité des équipes. « Soigner avec expertise, accompagner avec cœur : voilà le credo de notre approche. Un engagement de réactivité immédiate : nous nous engageons concrètement à recevoir les patientes dans les 48 heures suivant l’appel à nos secrétaires de liaison. Des délais extrêmement courts avant les premières mises au point, les scanners, les actes chirurgicaux… Pour la patiente et sa famille, il y a urgence. Nous adoptons son rythme ! »
À cela s’ajoute un relais avec les médecins référents. « Nous menons aussi un travail de sensibilisation à la pathologie, via des FAQ et des formats courts diffusés sur les réseaux sociaux, afin d’informer les patientes et les médecins sur les signes à surveiller. Nous possédons également une hotline pour les médecins référents (+32/4 323 36 35) et leur garantissons un suivi constant. En effet, le médecin référent reçoit un courrier dans des délais ultrabrefs, et souvent un coup de fil pour lui parler de sa patiente », conclut le Pr Frédéric Kridelka.







