Combien de médecins exercent réellement en Belgique et comment évoluent les effectifs ? Les nouvelles statistiques 2025 de l’INAMI dressent un état des lieux détaillé, des médecins généralistes aux différentes spécialités. Nous avons comparé les évolutions sur un an à leur accroissement annuel moyen depuis 2016, avec des trajectoires très différentes selon les disciplines. Elles mettent également en évidence le vieillissement du corps médical, plus d’un médecin sur quatre en droit de prester ayant 65 ans ou plus.
L’INAMI recense, au 31 décembre 2025, 57.556 médecins en droit de prester, c’est-à-dire disposant d’un numéro INAMI et aptes à prodiguer des soins de santé. Tous ne sont pas nécessairement actifs : 41.002 médecins sont considérés comme ayant une pratique attestée en 2025. Il s’agit des médecins en droit de prester ayant attesté au moins deux fois au cours de l’année comptable ou travaillant comme salariés dans une maison médicale au forfait. Ce sont ces 41.002 médecins que nous désignons comme médecins actifs dans cet article. Leur densité atteint 34,5 pour 10.000 habitants.
L’INAMI comptabilise par ailleurs 8.881 médecins en formation, recensés séparément.
14.742 généralistes actifs
Les médecins généralistes représentent 14.742 des 41.002 médecins actifs en 2025, soit 36 % de l’ensemble du corps médical. Ils étaient 14.433 en 2024 : 309 généralistes actifs supplémentaires en un an (+2,1 % ; +1,65 %/an depuis 2016). Parmi les médecins en formation, l’INAMI compte 2.241 généralistes.
Au total, le nombre de médecins actifs est passé de 39.951 en 2024 à 41.002 en 2025, soit 1.051 médecins supplémentaires (+2,6 % ; +1,89 %/an depuis 2016). Les généralistes représentent à eux seuls 29,4 % de cette augmentation nette.
Les spécialités qui progressent
La progression récente la plus marquée concerne la médecine aiguë et la médecine d’urgence : 855 médecins actifs en 2025 contre 753 en 2024, soit 102 de plus en un an (+13,5 % ; +8,13 %/an depuis 2016).
L’anesthésiologie compte 97 médecins de plus en un an, passant de 2.448 à 2.545 (+4,0 % ; +2,90 %/an depuis 2016). Le nombre de gynécologues passe de 1.628 à 1.685 (+3,5 % ; +1,80 %/an depuis 2016), celui des psychiatres de 2.098 à 2.156 (+2,8 % ; +1,17 %/an depuis 2016) et celui des pédiatres de 1.733 à 1.773 (+2,3 % ; +1,79 %/an depuis 2016).
Plusieurs spécialités de plus petite taille affichent également une progression nette. L’oncologie médicale passe de 347 à 367 médecins actifs en un an (+5,8 % ; +4,31 %/an depuis 2016), l’hématologie de 221 à 233 (+5,4 % ; +5,17 %/an depuis 2016), la gériatrie de 442 à 461 (+4,3 % ; +5,12 %/an depuis 2016) et l’endocrinologie de 391 à 406 (+3,8 % ; +3,38 %/an depuis 2016). La neuropédiatrie compte 113 médecins actifs, contre 107 en 2024 (+5,6 % ; +5,81 %/an depuis 2016).
La gastroentérologie passe de 801 à 847 médecins actifs (+5,7 % ; +2,55 %/an depuis 2016), l’urologie de 466 à 491 (+5,4 % ; +2,28 %/an depuis 2016), la neurochirurgie de 228 à 239 (+4,8 % ; +2,17 %/an depuis 2016) et la chirurgie plastique de 270 à 281 (+4,1 % ; +1,63 %/an depuis 2016). La cardiologie progresse de 1.255 à 1.287 (+2,5 % ; +2,04 %/an depuis 2016), la neurologie de 712 à 730 (+2,5 % ; +2,87 %/an depuis 2016), la pneumologie de 647 à 660 (+2,0 % ; +2,21 %/an depuis 2016) et la rhumatologie de 270 à 275 (+1,9 % ; +2,51 %/an depuis 2016).
L’orthopédie passe de 1.143 à 1.181 (+3,3 % ; +1,69 %/an depuis 2016), la chirurgie ophtalmologique de 1.177 à 1.205 (+2,4 % ; +1,32 %/an depuis 2016), l’ORL de 711 à 723 (+1,7 % ; +1,17 %/an depuis 2016), la dermatologie de 815 à 827 (+1,5 % ; +1,23 %/an depuis 2016), la radiologie de 1.671 à 1.695 (+1,4 % ; +1,22 %/an depuis 2016) et l’anatomopathologie de 356 à 361 (+1,4 % ; +1,67 %/an depuis 2016).
Des spécialités stagnent ou reculent
Dans plusieurs disciplines, l’évolution est nettement plus limitée. La médecine physique compte 565 médecins actifs en 2025 contre 564 en 2024 (+0,2 % ; +1,62 %/an depuis 2016) et la chirurgie générale 1.351 contre 1.348 (+0,2 % ; +0,39 %/an depuis 2016). La radiothérapie passe de 216 à 220 (+1,9 % ; +0,47 %/an depuis 2016) et la médecine nucléaire de 254 à 259 (+2,0 % ; +0,71 %/an depuis 2016).
La biologie médicale recule en revanche de 462 à 453 médecins actifs en un an (-1,9 % ; +0,17 %/an depuis 2016). Le nombre de médecins non spécialisés diminue également, de 669 en 2024 à 659 en 2025 (-1,5 % ; +3,75 %/an depuis 2016). Au sein de ce groupe, les « autres médecins généralistes non spécialisés » passent de 116 à 103 (-11,2 % ; -6,90 %/an depuis 2016), tandis que les autres médecins non spécialisés ou de spécialité inconnue passent de 553 à 556 (+0,5 % ; +8,05 %/an depuis 2016).
La médecine interne générale et la néphrologie doivent être interprétées séparément : l’INAMI précise que les deux catégories ne sont différenciées que depuis 2023. En 2025, il recense 618 médecins actifs en médecine interne générale, contre 608 en 2024 (+1,6 %), et 421 néphrologues, contre 402 (+4,7 % ; +4,73 %/an depuis 2023). La génétique clinique passe de 71 à 78 médecins actifs (+9,9 % ; +3,11 %/an depuis 2020).
Plus d’un médecin sur quatre en droit de prester a 65 ans ou plus
Les données d’âge publiées par l’INAMI concernent les 57.556 médecins en droit de prester, et non les 41.002 médecins ayant une pratique attestée en 2025. Parmi eux, 15.433 ont 65 ans ou plus, soit 26,8 %. Chez les généralistes en droit de prester, cette proportion atteint 33,2 %, avec 6.391 médecins de 65 ans ou plus sur 19.238
Chez les spécialistes, les écarts sont importants. La proportion de médecins de 65 ans ou plus atteint 43,8 % en biologie, 35,2 % en médecine interne générale, 30,8 % en radiothérapie, 30,3 % en psychiatrie, 29,9 % en rhumatologie et 29,6 % en chirurgie générale.
Elle s’établit à 27,6 % en chirurgie ophtalmologique, 27,5 % en radiologie, 27,5 % en médecine physique, 27,1 % en anatomopathologie, 27,1 % en ORL, 26,8 % en médecine nucléaire, 25,6 % en dermatologie, 25,5 % en orthopédie et 25,2 % en gynécologie.
La proportion est de 23,9 % en cardiologie, 23,3 % en urologie, 23,1 % en pédiatrie, 22,3 % en neurochirurgie, 21,9 % en stomatologie, 21,8 % en pneumologie, 21,4 % en gastroentérologie et 20,5 % en chirurgie plastique.
Elle est plus faible en endocrinologie (19,3 %), néphrologie (18,8 %), anesthésiologie (18,1 %), neurologie (17,8 %), gériatrie (16,0 %), neuropédiatrie (15,6 %), génétique clinique (14,1 %), oncologie médicale (13,2 %), hématologie (12,2 %) et médecine aiguë et médecine d’urgence (5,7 %).
Plus de 104.000 autres professionnels de santé actifs
Outre les médecins, l’INAMI recense en 2025 104.268 autres professionnels de santé actifs. Il s’agit notamment de 36.301 infirmiers et sages-femmes, 28.466 kinésithérapeutes, 16.308 pharmaciens, 14.075 professionnels paramédicaux et 9.118 dentistes.
Entre 2024 et 2025, le nombre de kinésithérapeutes passe de 27.594 à 28.466 (+872 ; +3,2 % ; +3,19 %/an depuis 2016), celui des pharmaciens de 15.841 à 16.308 (+467 ; +2,9 % ; +3,11 %/an depuis 2016) et celui des dentistes de 8.918 à 9.118 (+200 ; +2,2 % ; +1,38 %/an depuis 2016). Le nombre d’infirmiers recule en revanche de 31.649 à 31.506 (-143 ; -0,5 % ; +1,07 %/an depuis 2016), tandis que celui des sages-femmes passe de 4.268 à 4.501 (+233 ; +5,5 % ; +0,43 %/an depuis 2016).
L’INAMI souligne enfin que les effectifs des professions paramédicales sont sous-estimés, car seuls les prestataires disposant d’un numéro INAMI sont repris et qu’une part importante de leurs prestations n’est pas comptabilisée à l’INAMI.
> Retrouvez tous les chiffres de l'Inami








Derniers commentaires
Robin GUEBEN
26 septembre 2026Ces statistiques sont vides, ça ne dit rien de l'activité médicale même pour les spécialistes. Si une hématologue fait un burn-out et va travailler dans un grand magasin, elle reste en droit de prester jusqu'à sa mort (maintenant jusqu'à ce que l'exécutif lui retire son numero INAMI, merci la loi-cadre) alors qu'elle fait zero consultation d'hématologie... Un médecin MG pré-retraité qui réduit son activité libérale drastiquement mais continue de toucher son salaire par les DMG n'a pas la même force vive qu'un jeune MG qui commence à travailler réellement pour compenser son manque de salaire du manque de DMG.
Même pour les spécialistes, certains touchent des rémunérations par la mission, pas au volume de consultations.
De plus ça ne dit encore une fois rien des différentes médecines : ambulatoire libérale, ambulatoire forfaitaire, structurelle-hospitalière, libérale+hospitalière, structurelle-libérale. L'INAMI globalise tout dans "le médecin".
Merci pour la description du paysage, votre histoire n'a pas de morale.
Robin GUEBEN
26 septembre 2026C'est marrant que pour être considéré médecin actif il ne faille avoir que 2 consultations par an. Pour un généraliste (par déduction des visites moyennes des patients chez leur généraliste) c'est en moyenne 1500 à 2300 consultations, et il fut un temps où j'en avais 6000 par an avant les folies de la médecine d'État.
C'est marrant aussi qu'il faut 1250 consultations par an pour avoir l'accréditation et minimum 25000€ brut de rémunération annuelle pour pouvoir toucher la majorité des primes.
Dans ses statistiques, INAMI est subjectivement généreux en nombre de médecins actifs pour continuer à contrôler les quotas du numerus clausus (strictus) mais l'INAMI est subjectivement beaucoup moins généreux quand il s'agit de verser les primes aux médecins de la pénurie qu'ils ont organisée et continuent d'organiser eux-mêmes.