Coppieters alerte sur la dénutrition à l’hôpital et interpelle l’AViQ

Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, a indiqué au Parlement vouloir renforcer la vigilance sur la qualité nutritionnelle des repas servis à l’hôpital. Il entend demander à l’AViQ de porter une attention particulière à cet aspect lors des inspections, alors qu’un patient hospitalisé sur cinq souffre de dénutrition, selon des données rappelées par le député MR Chris Massaki Mbaki.

Le goût et la qualité de l’alimentation à l’hôpital restent des sujets sensibles pour les patients et leurs proches, même si de nombreux hôpitaux travaillent aujourd’hui en circuit court et ont réellement fourni des efforts. Au Parlement wallon, le député MR Chris Massaki Mbaki a rappelé que, dans les hôpitaux, la dénutrition touche un patient sur cinq. « Chez les personnes âgées, c’est même une sur trois. On entend encore régulièrement que les repas sont fades, pauvres en nutriments, pas adaptés aux besoins des patients. On sait pourtant qu’une bonne alimentation soutient les traitements, la récupération et évite des complications. »

En principe, un dépistage de la dénutrition est prévu à l’entrée à l’hôpital. Cependant, dans les faits, ce n’est pas systématique, selon lui.
Interpellé par plusieurs députés depuis quelques semaines sur cette question, Yves Coppieters, ministre de la Santé, a rappelé que les normes « programme de soins pour le patient gériatrique » dans les hôpitaux accordent une attention particulière à la malnutrition des patients âgés. « Ces normes prévoient en effet que tout patient de 75 ans ou plus hospitalisé dans l’hôpital fasse l’objet, par un membre de l’équipe de l’unité où il séjourne, d’un dépistage au moyen d’un instrument scientifiquement validé afin de vérifier s’il répond notamment à ce risque de malnutrition. Tout patient de moins de 75 ans, hospitalisé dans l’hôpital et présentant des signes de vulnérabilité visés dans la réglementation, peut également faire l’objet de ce dépistage. »

Le rôle de l’AViQ et la fiche de liaison
Le ministre veut agir aussi sur le suivi de la qualité de l’alimentation dans les hôpitaux : « Je compte demander à l’AViQ d’être particulièrement attentive, lors des inspections, à la qualité nutritionnelle dans les hôpitaux. »

Par ailleurs, l’AViQ soutient également le développement d’une fiche de liaison gériatrique afin de permettre la transmission correcte des informations nécessaires à la prise en charge des patients, de l’hôpital vers les maisons de repos et vice versa. « L’objectif est d’intégrer cette fiche dans le Réseau Santé wallon. Il est prévu d’y mentionner le risque de dénutrition s’il est détecté chez le patient. L’objectif est que l’information circule mieux entre les différentes structures. »

Plusieurs mesures existent
À noter que, depuis 2014, les hôpitaux sont financés par l’État fédéral pour une équipe nutritionnelle dans le cadre du BMF. Depuis 2011, les hôpitaux agréés pour un programme de soins en oncologie reçoivent également un budget pour le soutien nutritionnel des personnes atteintes de cancer, assuré par des diététiciens répondant à certaines conditions. Depuis 2009, les hôpitaux peuvent également conclure avec l’INAMI une convention instaurant un financement supplémentaire pour la formation et le suivi de patients dits « bénins », atteints d’une affection chronique non maligne et en sous-nutrition parentérale à domicile.

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