Décoré lundi par l’INAMI pour son engagement au sein des organes de concertation de l’assurance maladie, Dieter Goemaere a plaidé mardi, dans un message publié sur LinkedIn, pour une modernisation du modèle belge de concertation en santé. Le directeur de GIBBIS estime que ce système reste indispensable pour ancrer les décisions dans la réalité du terrain, mais juge nécessaire de mieux l’adapter aux parcours de soins transversaux et aux réformes en cours.
Le directeur de GIBBIS, Dieter Goemaere, a reçu lundi une décoration de l’INAMI pour son implication au cours des dernières années dans les organes de concertation de l’assurance maladie. Dans un message publié mardi sur LinkedIn, il présente cette distinction comme « non seulement une reconnaissance personnelle, mais aussi la mise en lumière d’un modèle » auquel il dit « croire profondément : celui de la concertation dans notre système de santé ».
À travers cette prise de position, Dieter Goemaere défend le principe historique de cogestion du système belge de soins de santé, dans lequel employeurs, travailleurs, mutualités et prestataires participent à l’élaboration des décisions au sein de l’INAMI, notamment sur les budgets, les remboursements et l’organisation des soins.
« Les choix importants dans notre système de santé sont le résultat d’une concertation entre les acteurs concernés », écrit-il. Selon lui, ce fonctionnement « rend le système plus complexe », mais permet aussi « d’ancrer davantage les décisions dans la réalité du terrain ».
Le directeur de GIBBIS insiste sur le fait que la concertation reste essentielle dans un secteur où les réformes ne peuvent produire d’effets durables sans adhésion des acteurs de terrain. « Prendre des décisions en concertation demande des efforts. Les points de vue sont confrontés, les intérêts mis en balance, des compromis sont construits », souligne-t-il. « Cela prend du temps, mais c’est précisément ce qui permet d’éprouver les choix à la réalité, d’intégrer différents regards et de créer l’adhésion nécessaire à leur mise en œuvre. »
Dieter Goemaere reconnaît toutefois les limites du modèle actuel, qu’il juge encore trop fragmenté. Il pointe « une multiplicité de commissions et de groupes de travail », ainsi qu’« une organisation de la concertation encore trop souvent structurée en silos classiques — hôpitaux, soins à domicile, médecins… — alors que la réalité évolue vers des parcours de soins transversaux ».
Pour le directeur de GIBBIS, l’évolution des soins intégrés impose désormais une adaptation de la gouvernance. « Si nous voulons organiser les soins davantage autour du patient, le modèle de concertation doit lui aussi évoluer en ce sens », écrit-il.
Il plaide dès lors pour « une gouvernance claire, des objectifs précis, un leadership affirmé et une organisation efficace de la concertation », mais aussi pour « une meilleure coordination entre les secteurs — moins de cloisonnement, plus de cohérence ».
« La concertation n’est pas un frein au changement. Elle est une manière de rendre le changement durable », conclut Dieter Goemaere, « à condition de continuer à l’adapter à une réalité des soins en constante évolution ».
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