Un projet interuniversitaire mise sur l’IA pour mieux préparer les hôpitaux aux pandémies

La VUB, l’UZ Brussel et l’Université d'Anvers lancent le projet de recherche ANTICIPATE afin de mieux préparer les hôpitaux aux futures pandémies, annoncent-ils dans un communiqué. Le projet combine intelligence artificielle, modèles épidémiologiques et diagnostics innovants pour renforcer la détection précoce des agents pathogènes et la capacité hospitalière en situation de crise.

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la vulnérabilité des systèmes de santé face à des flambées épidémiques rapides. ANTICIPATE répond à ce constat à travers deux axes complémentaires. D’une part, les chercheurs développent une plateforme de dépistage basée sur les symptômes, destinée à faciliter la détection précoce de nouveaux agents pathogènes, en s’appuyant sur le rôle des hôpitaux et des médecins généralistes. D’autre part, le projet vise à renforcer la capacité des hôpitaux à faire face à une épidémie, afin d’assurer la prise en charge simultanée des patients infectés et des patients nécessitant des soins réguliers, tout en protégeant les professionnels de santé.

« Il est essentiel de détecter rapidement les nouveaux agents pathogènes, mais certains virus sont si contagieux qu’ils peuvent continuer à se propager malgré une détection précoce », explique le coordinateur du projet, le Pr Pieter Libin (AI Lab, VUB). « C’est pourquoi il est important de soutenir les hôpitaux avec des systèmes intelligents permettant une meilleure prise de décision. »

Dans ce cadre, les chercheurs élaborent des modèles épidémiologiques détaillés qui simulent le fonctionnement quotidien d’un hôpital. Ces modèles sont couplés à des techniques d’intelligence artificielle capables d’identifier automatiquement les mesures préventives les plus efficaces pour limiter les infections et garantir la continuité des soins. Les outils développés prennent en compte plusieurs critères d’optimisation, laissant aux décideurs la possibilité de pondérer ces critères et de sélectionner les mesures les plus adaptées.

Le consortium travaille également au développement de nouveaux outils de diagnostic moléculaire reposant sur le séquençage de nouvelle génération et l’intelligence artificielle, afin de faciliter la surveillance continue de pathogènes inconnus. Cette technologie sera évaluée à l’UZ Brussel.

« L’impact d’ANTICIPATE dépasse le cadre des seuls hôpitaux », déclare le Pr Pieter Libin. « Nous nous attendons à ce que les techniques développées puissent être utilisées ultérieurement dans les maisons de repos et de soins. Cerise sur le gâteau, nous étudierons si une plateforme de dépistage largement mise en œuvre pourrait même prévenir certaines pandémies, avec des bénéfices sociétaux et économiques potentiellement considérables. »

Le projet interdisciplinaire réunit des expertises en intelligence artificielle, épidémiologie, biostatistique, économie de la santé et diagnostic moléculaire. Il est soutenu par un comité consultatif composé d’institutions de soins, de décideurs politiques et de scientifiques. ANTICIPATE bénéficie d’un financement de 2 417 459 euros du Fonds de la Recherche Scientifique – Flandre (FWO).

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