Le Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) devient le premier hôpital belge à mettre en place une filière de recyclage des reliquats de produits de contraste à base de gadolinium utilisés en IRM. En partenariat avec l'Université de Bretagne Occidentale (UBO), l'établissement entend réduire l'impact environnemental de ces examens tout en valorisant un métal rare devenu stratégique.
Les produits de contraste à base de gadolinium sont indispensables à de nombreux examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM), en particulier en oncologie, où ils permettent d'améliorer la détection des tumeurs et des métastases. Une partie de ces produits n'est toutefois jamais administrée au patient. Jusqu'à présent, ces reliquats étaient éliminés avec les déchets hospitaliers.
« Le gadolinium qu'ils contiennent est un métal rare qui peut alors se retrouver dans l'environnement et s'y accumuler au fil du temps. Aujourd'hui, grâce à un partenariat avec l'Université de Bretagne Occidentale, ces résidus sont collectés puis recyclés afin de récupérer le gadolinium et de lui donner une seconde vie. Une première en Belgique », explique le Dr Pierre-Antoine Poncelet, médecin chef du pôle Imagerie médicale du GHdC.
Depuis 2020, plus de 1.200 litres de produits de contraste ont déjà été récupérés par l'Université de Bretagne Occidentale dans le cadre de cette filière, alors qu'environ 15 % des doses préparées étaient auparavant éliminées sans être valorisées. Les reliquats sont acheminés vers Brest, où le gadolinium est extrait afin d'être réutilisé dans une logique d'économie circulaire.
Pour le service d'imagerie du GHdC, cette démarche s'inscrit dans une politique plus large de réduction de son empreinte environnementale. « Rejoindre cette initiative est une évidence : offrir des examens de qualité tout en réduisant notre impact environnemental », souligne le Dr Poncelet.
Cette initiative s'appuie sur la chaire MeGadoRe (Medical Gadolinium Recycling), créée à l'Université de Bretagne Occidentale. Lancée après la mise en évidence de traces de gadolinium d'origine médicale dans l'environnement marin breton, notamment dans des coquilles Saint-Jacques, elle fédère aujourd'hui un vaste réseau d'IRM en France afin de récupérer les reliquats de produits de contraste avant leur élimination. Plus de 500 appareils IRM participaient déjà au réseau lors du lancement officiel de la chaire, qui en regroupe désormais environ 700.
Le sujet prend une importance croissante au niveau international. Les agents de contraste au gadolinium sont en effet peu éliminés par les stations d'épuration et sont désormais détectés dans les eaux de surface et parfois dans l'eau potable. Une étude mondiale publiée en juillet 2026 dans Environmental Science & Technology, portant sur 148 villes de 89 pays, confirme que cette contamination est particulièrement marquée dans plusieurs grandes villes européennes.
Si la majeure partie du gadolinium présent dans l'environnement provient de l'excrétion urinaire des patients après l'examen, les spécialistes estiment que la récupération systématique des reliquats non administrés constitue une mesure simple, immédiatement applicable et complémentaire aux recherches en cours visant à limiter les rejets liés aux patients eux-mêmes.







