Exclusif : ce que dit le rapport de l'Aviq sur l'impact de la réforme pour les hôpitaux wallons

Nous avons pu obtenir en exclusivité les 36 pages de l’avis du Comité de « Branche Santé » de l’Aviq sur la réforme hospitalière. Destiné à alimenter la position que le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, défendra lors de la prochaine CIM Santé, le document soutient le principe d’une réforme mais formule plusieurs réserves concernant l’accessibilité des soins, les conditions de travail des soignants, la gouvernance et l’avenir de certains investissements hospitaliers en Wallonie.

Les dernières lignes du rapport sont claires : « cette réforme ne pourra avoir lieu que s’il y a une accessibilité équitable dans chaque bassin de soins avec un renforcement effectif du préhospitalier, de la première ligne en amont et en aval, et de l’ambulatoire. » Il insiste aussi sur « la qualité des conditions de travail des soignants et sur l’importance d’une bonne gouvernance. »

Signé par Alda Gréoli, présidente du Comité « Santé », et Françoise Lannoy, administratrice générale, ce rapport tient compte du document rendu en décembre 2025 par le groupe d’experts indépendants au niveau fédéral, intitulé « Changer pour préserver 2026-2036 », recommandant notamment une nouvelle organisation en quatre types d’établissements hospitaliers : Hôpital général régional (HGR), Centre hospitalier universitaire (CHU), Centre médical local (CML) et Hôpital de soins intermédiaires (HSI).

Il manque l’outil du KCE

Le Comité de « Branche Santé » soutient la nécessité d’une réforme ambitieuse. Il déplore toutefois que l’outil développé par le KCE, qui fait partie intégrante du rapport des experts, n’ait pas été mis à sa disposition. « Cet outil Decision-Making Model » n’a pas été transmis aux entités et ne permet pas une analyse objective. »

Ce rapport interpelle immédiatement le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke : « La réussite de la réforme dépendra moins du modèle théorique que de la capacité politique à organiser une transition équitable, lisible, sûre sur le plan juridique et finançable. »

Le danger de la distinction entre les hôpitaux

Les organisations syndicales, dans le rapport, s’inquiètent pour les travailleurs concernés à propos de la distinction envisagée entre les hôpitaux généraux régionaux et les centres médicaux locaux.

La note précise que « la réussite de cette réforme repose aussi sur une interconnexion réelle des DPI, des outils de communication en temps réel, ainsi que des conventions locales formalisées entre hôpitaux, médecins généralistes, PMG... »

Les simulations montrent qu’une diminution trop importante du nombre de HGR entraînerait « une perte significative d’accessibilité, particulièrement en Wallonie où la géographie et la mobilité rendent les territoires plus vulnérables à l’allongement des temps de parcours. »

Quid des travaux et des futures constructions ?

On le sait, le gouvernement wallon précédent avait lancé un vaste plan de travaux et de rénovations des hôpitaux wallons. Que va-t-il en rester avec cette réforme ? « Les projets susceptibles d’être modifiés à la suite de la réforme peuvent être divers : certains projets relevant d’un HGR dans des sites pouvant être amenés à se transformer en HSI ou en CML, mais également des projets dans les HGR, qui pourraient être modifiés par la nécessité d’augmenter la capacité d’accueil, notamment aux urgences ou pour accueillir des lits transférés par de futurs CML ou HSI. »

Sur le terrain, cela peut amener des situations très différentes, comme des hôpitaux amenés à se transformer après des travaux réalisés récemment ou réalisant actuellement des travaux pour une offre de soins qu’ils seront amenés à ne plus pouvoir proposer, comme le CHRAM de Malmedy, qui effectue des travaux pour son unité de soins intensifs, ou l’USI de l’hôpital de Marche.

Des hôpitaux disposent d’un accord du gouvernement pour des projets relatifs à une offre de soins qu’ils seraient amenés à ne plus pouvoir proposer, comme le projet de rénovation de la pédiatrie du CHRSM site Sambre, le nouveau service des urgences à Lobbes, le projet d’extension de la Clinique Notre-Dame de Waremme ou encore le projet d’extension des urgences de la Clinique CHC d’Hermalle.

Des hôpitaux faisant partie du groupe B, c’est-à-dire amenés soit à évoluer pour rencontrer les trois critères, soit à devoir se transformer s’ils n’y parviennent pas, pourraient voir certains projets non encore commencés devenir inutiles dans cette dernière hypothèse : projet d’extension des urgences et de reconditionnement des USI du CHR de la Haute Senne, projet d’héliport, des urgences et des soins intensifs au CHR de Huy, projet d’extension des urgences et des soins intensifs pour Vivalia à Arlon.

Des hôpitaux amenés à rester HGR disposent également de projets validés par le gouvernement qui risquent d’évoluer en fonction des besoins d’absorption des activités qui ne seront plus menées par les sites devant se transformer en CML ou HSI. C’est notamment le cas du CHR Vivalia d’Houdemont ou du projet d’extension du site Epicura à Hornu, qui pourrait s’avérer insuffisant s’il devait récupérer l’activité du site de Baudour.

On le voit, les différents dossiers autour de cette réforme hospitalière sont complexes. Ils devront faire l’objet d’arbitrages politiques, mais aussi s’inscrire dans une vision à long terme de la santé publique.

> Découvrir l'intégralité du rapport

Lire aussi: Réforme du paysage hospitalier : Pour la Wallonie, l'équité territoriale est non-négociable

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Derniers commentaires

  • Gilbert BEJJANI

    04 juin 2026

    L'exception de l'exceptionnel wallon ! Allons, un peu de bon sens mes amis

  • Freddy GORET

    04 juin 2026

    Démantèlement complet de la médecine de proximité et gros problèmes d accès pour les patients
    Tout ça pour acheter des F35 qui ne savent même pas voler en Belgique
    Tout ça pour éviter de taxer les banques et leurs gros bénéfices
    Banques sauvées par les belges
    Tout pour éviter de taxer les profits énormes de Total et les autres pétroliers qui pourtant rapatrient dans leur pays leurs gros bénéfices
    Etc