Vous voulez vérifier une règle de financement avant de négocier avec votre directeur général ? Vous voulez mieux comprendre le mécanisme des mini-forfaits, des rétrocessions ou du financement des constructions ? Toutes les réponses - et bien d’autres - se trouvent dans un ouvrage de référence, rédigé par trois experts du financement, Guy Durant, Philippe Dehaspe et Stéphane Rillaerts.
L’extrême complexité du financement hospitalier - qui provoque des sueurs froides chez tous les étudiants en gestion hospitalière - a été décortiquée par Guy Durant, Philippe Dehaspe et Stéphane Rillaerts afin de rédiger un livre de 286 pages qui présente les règles de financement, les illustre par des exemples concrets et les commente. Forts de leur expérience de gestionnaires hospitaliers et d’enseignants, les trois auteurs ont revu et complété l’édition précédente du Financement de l’activité hospitalière en Belgique (1).
« Pour rédiger cette 2e édition, nous sommes repartis de mon livre de 2022, dont nous avons gardé le titre. Nous l’avons actualisé parce que la réglementation a beaucoup changé durant les 4 dernières années. Grâce à l'aide de mes deux collègues, nous avons enrichi le contenu », précise le Pr Durant, ancien administrateur général des Cliniques universitaires St-Luc.
« Nous avons essayé de systématiser l'approche en expliquant d’emblée certains concepts du financement hospitalier avant de présenter les mécanismes de financement eux-mêmes », ajoute Stéphane Rillaerts, consultant hospitalier et ancien directeur général d’Epicura, de l’Institut Bordet et du CHRSM. «Nous avons redonné un poids à des matières qu'on a tendance à un peu négliger : les hôpitaux psychiatriques, le financement des hôpitaux chroniques… »
Un outil de recherche
Cette nouvelle version est particulièrement didactique. « La table de matière est très détaillée. Près de 200 items y sont listés. Si vous cherchez la différence entre un honoraire pur et un honoraire brut, cela se trouve en page 35. La présentation de l’APR-DRG est en page 49. Le calcul du prix d'hébergement en page 85 », illustre Guy Durant. « Notre livre permet de vous initier au financement de l'hôpital, en lisant les différents chapitres, ou, si vous êtes déjà aguerri, de vérifier un point précis. Grâce à la table des matières détaillée, vous trouverez directement l'explication. »
Un lexique de 9 pages permet au lecteur de comprendre les nombreux acronymes et abréviations utilisés dans le financement hospitalier. « Nous avons fait un effort important pour rendre le jargon technique plus accessible », ajoute Philippe Dehaspe, directeur administratif et financier des Cliniques universitaires Saint-Luc. «Lorsqu’on parle entre spécialistes des hôpitaux, nous utilisons le langage des arrêtés royaux, qui est complètement abscons pour le commun des mortels. Nous avons reformulé certains passages pour qu’ils soient plus directement compréhensibles par des personnes qui ne sont pas des spécialistes de la gestion hospitalière. »
Au fil des chapitres, les auteurs illustrent la théorie par des exemples concrets qui permettent aux lecteurs d’intégrer la matière et de comprendre les mécanismes.
Ce guide du financement s’adresse d’ailleurs à un public fort varié : médecins, gestionnaires hospitaliers, étudiants en gestion, fonctionnaires, experts des Cabinets, politiciens, banquiers ou architectes spécialisés dans le secteur hospitalier…
«Au sein de l'hôpital, de nombreux acteurs entendent parler de financement, de contraintes financières et budgétaires, de sous-partie B2, de forfaits… Ils n'ont pas nécessairement besoin de comprendre cette matière jusqu'au dernier carat, mais ils doivent pouvoir savoir de quoi on leur parle », estime Guy Durant. « Ces informations concernent les cadres infirmiers, le Conseil médical, les médecins, les administrateurs… Nous leur proposons d'avoir un point de référence pour aller chercher des explications plus précises, par exemple, par rapport à un discours qu'on leur sert et qu’ils doivent pouvoir vérifier. » « En tant que gestionnaire hospitalier, je tiens à faire comprendre à mes interlocuteurs les mécanismes de financement. A Saint-Luc, nous donnons des cours aux chefs de service et aux membres du Conseil médical de manière à ce que chacun puisse comprendre exactement les problèmes de financement et les comptes de l'hôpital», ajoute Philippe Dehaspe.
Le point sur les réformes
Dans le chapitre 8, les trois experts commentent les réformes du financement hospitalier menées par Laurette Onkelinx, Maggie De Block et Frank Vandenbroucke. Ils pointent les défauts du système actuel : composite et peu lisible, dual, n’encourageant pas toujours les meilleures pratiques, peu centré sur la qualité des soins…
Guy Durant, Philippe Dehaspe et Stéphane Rillaerts insistent sur 12 points qui, dans le cadre des réformes, leur paraissent essentiels pour « atteindre les objectifs souhaités par les autorités autant que par le secteur, et pour éviter les risques de ruptures majeures dans la pérennité du système hospitalier, qui pourraient nous menacer en l’absence d’un retour à plus de cohérence dans son financement. »
L’ancien administrateur général des Cliniques universitaires St-Luc et professeur émérite de l’UCLouvain adresse un message capital au corps médical : le « financement hospitalier conditionne l’activité médicale. Il n’est pas neutre ». D’où l’importance de bien le comprendre pour pouvoir le faire évoluer dans la bonne direction.
Les auteurs ont envoyé leur ouvrage au ministre fédéral de la Santé. Il ne sera certainement pas la seule personne à en faire son livre de chevet.

Le financement de l’activité hospitalière en Belgique, contexte, situation actuelle et perspectives, Guy Durant, Philippe Dehaspe et Stéphane Rillaerts, Mardaga Supérieur, 59,90 euros.








Derniers commentaires
Robin GUEBEN
19 février 2026L'erreur de nos ancêtres lors de l'Après-Guerre WWII est d'avoir créé une assurance universelle unique la Sécurité Sociale mais deux systèmes philosophiques distincts pour le remboursement :
- un système privé dont la rémunération est basée sur le service de l'Offre et le remboursement de la Demande est contrainte et pas du tout lié à l'Offre.
- un système public dont la rémunération est basée sur le flux de la Demande (non contrainte) et le remboursement de la Demande est entièrement liée à l'Offre.
Ne vous étonnez pas que la médecine libérale périclite, et par répercussion la qualité des soins (puisque la richesse d'une Économie est toujours portée par la volonté et la liberté du Privé) et que les coûts crèvent tous les plafonds dans le secteur public, notamment hospitalier.
La médecine à deux vitesses était déjà dans l'œuf dès le départ. À notre époque, la scissure s'est juste révélée avec le tremblement de terre qu'est la crise de la charge sociale des États-Providence européens. Regardez la France qui l'a mise sur sa Dette, ils sont complètement coincés. La loi-cadre Vandenbroucke n'exprime qu'un désir de contrôle des coûts mais par idéologie socialiste, il vise le mauvais secteur (le Privé). Si Vandenbroucke visait les dépenses et le secteur public, il réussirait à atténuer le fossé et a effacé la médecine à deux vitesses.