GIBBIS réclame un fonds fédéral pour accompagner la réforme hospitalière

GIBBIS demande au gouvernement fédéral d’inscrire dès à présent le principe d’un fonds de transition destiné à accompagner la réforme du paysage hospitalier. Pour la fédération des institutions de soins bruxelloises, les regroupements d’activités, fusions, transferts de personnel et adaptations organisationnelles auront un coût qui ne peut être financé sur les moyens de fonctionnement actuels des hôpitaux.

« Il faut investir aujourd’hui pour bénéficier d’un système plus performant dans le futur », souligne Dieter Goemaere, directeur Hôpitaux chez GIBBIS, dans la newsletter de la fédération publiée cette semaine. Les réformes en cours, notamment celle du paysage hospitalier, peuvent selon lui contribuer à une utilisation plus efficiente des ressources, mais leurs effets financiers ne seront pas immédiats.

« Les investissements précèdent les gains d’efficience, raison pour laquelle ces transformations doivent être accompagnées financièrement », insiste-t-il. L’objectif est, à terme, de pouvoir « soigner davantage de gens avec le même nombre d’effectifs et de ressources ».

GIBBIS rappelle parallèlement la pression croissante sur les établissements. En dix ans, le nombre d’hospitalisations, principalement en hôpital de jour, et les passages aux urgences ont augmenté de 25 %, selon la fédération.

La situation est particulièrement délicate à Bruxelles. Selon l’étude MAHA 2025 de Belfius, citée par GIBBIS, la situation budgétaire des hôpitaux bruxellois est moins favorable que celle des établissements wallons et flamands. La fédération souligne également leur rôle au-delà de la Région : près de quatre patients hospitalisés sur dix viennent d’une autre Région.

Dieter Goemaere rappelle par ailleurs que le secteur a déjà contribué aux économies décidées ces dernières années. « L’an dernier, que ce soit via les honoraires, via le pharma, ou directement dans l’hospitalier, nous avons pris à notre charge une part de 200 millions d’euros d’économies. Ce n’est pas rien. »

Des coûts de transformation à financer

La demande de fonds fédéral concerne avant tout la future réorganisation du paysage hospitalier. Reconversions de sites, regroupements d’activités, fusions ou transferts de personnel entraîneront des coûts avant que les gains attendus de la réforme puissent se matérialiser.

GIBBIS distingue à cet égard le financement des infrastructures, qui relève des entités fédérées, des coûts organisationnels et humains de la transformation. Le fonds fédéral devrait notamment permettre de financer l’harmonisation des dossiers patients informatisés, les adaptations liées aux ressources humaines ainsi que le maintien temporaire de structures parallèles afin d’assurer la continuité des soins pendant la transition.

Un soutien financier sera également nécessaire pour la mise en œuvre de la nouvelle nomenclature, estime GIBBIS. L’adaptation des logiciels et la formation du personnel nécessiteront notamment des investissements. Selon Dieter Goemaere, le Conseil fédéral des établissements hospitaliers (CFEH) a évalué cet investissement ponctuel à au moins 63 millions d’euros.

GIBBIS ne réclame pas encore qu’un montant précis soit affecté au fonds de transition hospitalier. Elle demande d’en inscrire dès maintenant le principe, les moyens devant être déterminés lorsque les établissements auront pu préciser leurs intentions dans le cadre de la nouvelle organisation du paysage hospitalier.

« Il est important qu’on n’aille pas puiser dans nos moyens de fonctionnement actuels puisque nous devons à la fois continuer à garantir nos services à la population et nous adapter », prévient Dieter Goemaere, qui réclame également davantage de stabilité financière et réglementaire.

Cybersécurité et normes européennes

À ces réformes nationales s’ajoutent, selon GIBBIS, des obligations européennes croissantes, notamment en matière de cybersécurité et de normes pharmaceutiques. La fédération ne conteste pas leur objectif, souvent lié à la sécurité des patients, mais estime que leur mise en œuvre doit être accompagnée des moyens nécessaires.

Pour la cybersécurité, Dieter Goemaere évoque notamment la possibilité de collaborations renforcées avec la Défense. Il appelle aussi à examiner la manière dont les normes européennes sont transposées en droit belge : « Soit on met les moyens, soit on est moins ambitieux et un peu plus pragmatique. »

Enfin, GIBBIS demande le respect de la norme de croissance des soins de santé prévue dans l’accord de gouvernement. Pour la fédération, une éventuelle modification ne devrait pas se traduire par de nouvelles économies imposées aux prestataires alors que les besoins de soins augmentent.

« Les hôpitaux sont aujourd’hui appelés à investir, à se transformer et à répondre à des besoins de soins toujours plus importants. Ils ne peuvent pas simultanément porter de nouvelles économies », conclut Dieter Goemaere.

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