Les hôpitaux publics bruxellois ont encore accru leur endettement de 27 millions d’euros en 2025, selon le dernier rapport destiné aux communes, consulté par Le Soir. Le document pointe une « fragilité persistante et aggravée » du secteur, confronté notamment à la hausse des charges de personnel et au poids croissant des pensions statutaires.
Depuis 2020, le résultat additionné des cinq hôpitaux publics concernés – CHU Brugmann, CHU Saint-Pierre, Institut Jules Bordet, Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (Huderf) et hôpitaux Iris Sud – reste chaque année dans le rouge. Après un endettement supplémentaire de 56 millions d’euros en 2023 et de 9,6 millions en 2024, celui-ci s’est encore creusé de 27 millions en 2025.
Parmi les principaux facteurs identifiés figurent la hausse des charges de personnel et le poids croissant des pensions statutaires. La facture de responsabilisation atteint 37,6 millions d’euros en 2025, soit 5,7 millions de plus qu’un an auparavant. Les établissements supportent également des surcoûts liés à la prise en charge d’une population particulièrement précaire.
Des missions publiques toujours sous-financées
Le rapport attire également l’attention sur le financement des missions de service public spécifiques (SIEG). La subvention régionale de 10 millions d’euros ne couvre plus que 16,4 % des dépenses correspondantes en 2025, contre 18 % en 2024 et 22 % en 2023.
Le nouveau gouvernement bruxellois a décidé de doubler cette subvention dès 2026, pour la porter à 20 millions d’euros. Un observateur régional cité par Le Soir estime toutefois qu’« il est probable que ces dix millions d’euros en plus auront un impact peu significatif sur la dette si les coûts continuent à augmenter ».
La situation pèse directement sur les communes actionnaires, qui doivent absorber les déficits des établissements. Elle constitue également un élément clé des risques pointés depuis plusieurs années sur la continuité d’exploitation de plusieurs hôpitaux.
Le regroupement doit démarrer en janvier
Dans ce contexte, le projet qui doit regrouper toutes les structures, à l’exception du CHU Brugmann, devrait franchir une étape importante début 2027. Il doit réunir les hôpitaux Iris Sud, le CHU Saint-Pierre et l’Hôpital universitaire de Bruxelles (H.U.B), qui rassemble déjà Erasme, Bordet et l’Huderf.
Le H.U.B a réduit sa perte à 2,2 millions d’euros en 2025, contre 4,6 millions en 2024, et prévoit l’équilibre en 2026. Son directeur général, Renaud Witmeur, explique que le principal défi a été d’assumer la charge du bâtiment du New Bordet. La trajectoire prévoit ensuite de dégager progressivement une marge positive pour couvrir de futurs investissements.
« Le projet de regroupement doit démarrer en janvier. Avec les autres bourgmestres, on y travaille depuis déjà quelques mois. Cela ne sera pas facile, mais tout le monde a bien conscience qu’il faut avancer et que, si on ne fait rien, on va disparaître », indique le bourgmestre d’Anderlecht, Fabrice Cumps (PS), au Soir.
Le futur ensemble devrait s’articuler autour de trois pôles : Ouest à partir d’Erasme, Centre autour de Saint-Pierre et Est autour du pôle ixellois. Pour les auteurs du rapport, le rapprochement, combiné à un refinancement régional ou fédéral, doit garantir la pérennité du secteur hospitalier public bruxellois.
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