HUmani lance un premier train de mesures d’économies de 16,5 millions d’euros

Le réseau hospitalier HUmani a validé une première série de mesures d’économies destinées à faire face à la hausse de la cotisation de responsabilisation liée aux pensions des agents statutaires, évaluée à environ 30 millions d’euros par an. Le conseil d’administration a approuvé mardi soir une vingtaine de mesures touchant à l’organisation des soins, à la gestion interne et au patrimoine immobilier, ressort-il d’un communiqué diffusé mercredi.

Selon HUmani, ce premier volet doit permettre de dégager 16,5 millions d’euros d’économies dans le cadre d’un plan plus large visant à préserver « les missions essentielles de l’institution », notamment la qualité des soins, la continuité des activités et le maintien de l’emploi.

Les mesures validées portent notamment sur la réorganisation de certains services, la centralisation d’activités, l’optimisation des processus internes ainsi que la vente de bâtiments jugés non stratégiques.

Parmi les décisions approuvées figure un effort demandé à la collectivité médicale, avec une réduction d’environ 3% sur les honoraires promérités, pour un montant estimé à près de 4 millions d’euros.

HUmani prévoit également plusieurs mesures opérationnelles concernant le management, dont une diminution de 20% du budget consacré aux voitures de société ainsi que l’internalisation de certains travaux. L’institution souligne par ailleurs que le non-remplacement de certains postes de direction depuis 2018 génère déjà une économie annuelle de 3,1 millions d’euros.

Le plan prévoit aussi la vente de plusieurs biens immobiliers considérés comme non stratégiques, notamment les polycliniques d’Anderlues et de Couvin ainsi que le bâtiment Bellefleur à Couillet.

Sur le plan organisationnel, plusieurs réorganisations progressives sont annoncées, notamment pour l’activité chirurgicale de jour et la thérapie de jour. Le réseau hospitalier confirme également la fermeture de la clinique des soins de plaies. Le personnel infirmier concerné sera réaffecté vers les services hospitaliers, tandis que les consultations médicales seront maintenues.

Le service ambulance fait lui aussi l’objet d’une réorganisation déjà entamée. À cela s’ajoutent la sous-traitance de certaines activités, l’envoi électronique de documents aux patients, ainsi qu’une renégociation de marchés publics et des politiques d’achat.

HUmani annonce également le passage progressif au parking public payant sur le site de Marie Curie. Les avantages liés au ticket modérateur seront par ailleurs limités aux seuls membres du personnel et du conseil d’administration en activité.

Le réseau hospitalier précise qu’un travail complémentaire devra encore être mené dans les prochaines semaines afin d’atteindre l’objectif global d’économies. Dans son communiqué, HUmani salue enfin « la mobilisation exemplaire » des équipes et leur « engagement quotidien », estimant qu’ils constituent « la meilleure garantie pour traverser cette période de transition ».

Les syndicats mécontents

Mélisa Maggio, permanente CSC Services Publics, estime pour sa part que "lorsqu'un plan touche directement les travailleurs, leurs conditions de travail, l'organisation des services, la charge de travail, les remplacements, les horaires, les absences, les congés, les engagements futurs et la qualité du service rendu à la population pour un service public", il ne peut être décidé unilatéralement.
Sur le fond, c'est tout aussi "scandaleux", a indiqué Philippe Barbion, secrétaire régional de la CGSP Admi. Selon ce dernier, les mesures d'économies présentées par l'intercommunale sont non chiffrées. Ce qui empêche d'évaluer leur impact précis et fait peser la crainte d'économies "réalisées par idéologie".
Les deux syndicalistes ont dépeint par ailleurs des équipes travaillant déjà sous pression. "Le personnel assure tous les jours, malgré les difficultés du métier, la pénurie et la charge de travail qui ne cesse d'augmenter. Nous refusons qu'il devienne la variable d'ajustement d'économies décidées sans eux", a indiqué Mélisa Maggio.

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