L’économie de 80 millions d’euros imposée au secteur pharmaceutique par une baisse linéaire des prix continue de susciter le débat. La députée fédérale Kathleen Depoorter (N-VA) a appelé mercredi, dans un communiqué, à plus de concertation et de transparence, tandis que le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a défendu la mesure jeudi à la Chambre.
M. Vandenbroucke a rappelé qu’une telle contribution de l’industrie pharmaceutique figurait déjà dans l’accord de gouvernement fédéral. Selon lui, l’explosion des dépenses en médicaments justifie une intervention. La baisse linéaire constitue un filet de sécurité, a-t-il expliqué, soulignant qu’il aurait préféré des « propositions créatives et crédibles » du secteur.
Le ministre a indiqué qu’il y avait eu un dialogue permanent avec l’industrie pharmaceutique. Celle-ci a présenté plusieurs pistes alternatives, mais qui se sont révélées, après analyse, « absolument pas souhaitables ». Elles auraient pu, selon lui, provoquer le retrait de certains médicaments du marché ou n’étaient « pas réalisables à court terme ». « Et donc, je reviens aux accords que nous avons conclus ensemble », a-t-il déclaré.
M. Vandenbroucke a tenu à relativiser l’effort demandé, qu’il qualifie de limité par rapport au budget global de 6,8 milliards d’euros consacré aux médicaments. Il a néanmoins ajouté que des mesures supplémentaires étaient nécessaires. Parmi elles, le relèvement du ticket modérateur pour certains médicaments couramment utilisés, comme les antiacides et les hypocholestérolémiants.
« L’industrie pharmaceutique fait effectivement des efforts », a conclu M. Vandenbroucke. « Mais cet effort peut être évité si elle propose elle-même des propositions créatives et crédibles. Nous n’en avons encore vu aucune. »
Mme Depoorter reconnaît de son côté que des efforts financiers sont nécessaires. Les dépenses de santé augmentent chaque année et les nouvelles thérapies innovantes sont souvent plus coûteuses. Selon elle, il faut trouver un équilibre permettant de préserver à la fois l’accessibilité et l’abordabilité. Elle regrette toutefois que les propositions du secteur n’aient pas été soumises à l’analyse du Conseil des ministres restreint. « Le secteur pharmaceutique était disposé à formuler des propositions et a participé de manière constructive à la réflexion. Il est regrettable que ces pistes n’aient pas été soumises à l’analyse du Kern. Toutes les options ont-elles vraiment été examinées ? N’existait-il pas d’autres alternatives qu’une mesure linéaire ? Seule l’ouverture permet de maintenir la confiance », souligne-t-elle.
La députée insiste enfin sur le rôle central du patient. « Nous devons veiller à ce que les patients belges continuent d’avoir accès aux médicaments innovants, sans que cela devienne inabordable pour les familles ou la sécurité sociale. Cet équilibre ne peut pas être perdu. Je suis convaincue qu’à travers un dialogue entre le ministre et le secteur, une solution peut être trouvée qui serve à la fois le budget et le patient », conclut-elle.







