Le recours à une technique de chirurgie de la cataracte sans collyres postopératoires pourrait permettre à l'assurance soins de santé belge d'économiser plus de deux millions d'euros par an. C'est ce qui ressort d'une étude publiée jeudi par des ophtalmologues de l'UZ Brussel et de l'UZ Leuven.
En Belgique, plus de 176.000 opérations de la cataracte ont été réalisées en 2024. Après une intervention classique, les patients doivent généralement administrer plusieurs fois par jour des gouttes ophtalmiques pendant une période pouvant aller jusqu'à quatre semaines.
Cette prise en charge s'avère particulièrement difficile pour les personnes âgées ou dépendantes. Selon les chercheurs, seule la moitié des patients suit correctement le traitement, tandis que la technique d'instillation est souvent mal réalisée. Cette situation conduit fréquemment au recours à des soins infirmiers à domicile.
Entre 2015 et 2024, la Belgique a consacré en moyenne près de 1,3 million d'euros par an à l'administration postopératoire de collyres par des infirmiers à domicile. Pour un seul œil, le coût sociétal total peut atteindre 717 euros.
La technique dite « sans collyres » consiste à administrer directement dans l'œil, pendant l'intervention, les médicaments nécessaires, notamment des corticostéroïdes anti-inflammatoires. Le coût du matériel spécifique s'élève alors à seulement 10,29 euros par œil.
Pour les patients dépendant des soins infirmiers à domicile, l'économie pourrait également être importante. Selon l'étude, leur reste à charge moyen passerait de 176,93 euros à 1,62 euro par œil.
« Si nous passons à une procédure sans collyres, les coûts supplémentaires liés au matériel spécifique par œil diminuent », explique la chercheuse, la Dre Karolien Termote. Selon les auteurs de l'étude, cette évolution pourrait générer plus de deux millions d'euros d'économies chaque année.
Les chercheurs estiment également que cette approche permettrait de libérer des capacités en soins infirmiers. « La pression sur le secteur des soins de santé s'en trouverait réduite », soulignent-ils. La suppression de la plupart des flacons de collyres contribuerait en outre à diminuer la quantité de déchets plastiques.
Les auteurs rappellent toutefois que cette technique ne convient pas encore à tous les patients. Des études complémentaires sont nécessaires afin d'évaluer ses effets à long terme avant d'envisager une généralisation.
« L'adoption de cette approche pourrait améliorer considérablement le rapport coût-efficacité de notre système de santé, sa durabilité ainsi que la satisfaction des patients », concluent les chercheurs. « À condition que cette méthode démontre, dans la pratique, une efficacité au moins équivalente aux standards actuels. »







