La cybersécurité de trois hôpitaux sur quatre laisse à désirer en Belgique

La cybersécurité dans trois hôpitaux belges sur quatre doit être renforcée de toute urgence. C'est ce qu'a affirmé mardi le SPF Santé publique, après la cyberattaque dont a été la cible l'hôpital AZ Monica d'Anvers. L'ASBL SHIELD, qui a réalisé une analyse de sécurité, continuera à accompagner les hôpitaux belges au cours des prochains mois afin d'améliorer leur sécurité.

Selon le SPF Santé publique, dans le contexte géopolitique actuel, les cyberattaques sont de plus en plus souvent utilisées comme arme. Le secteur des soins de santé constitue alors une cible potentielle importante. "Pour les hôpitaux, il ne s'agit pas seulement de protéger les données sensibles mais surtout d'assurer la continuité et la sécurité des soins".
Dans plus de trois hôpitaux sur quatre (76,2%), principalement des hôpitaux de petite taille ou des établissements psychiatriques, la sécurité numérique laisse à désirer. De nombreux hôpitaux présentent encore des lacunes, notamment en matière d'identification. Seuls 15% des hôpitaux répondent aux normes dans ce domaine. En Flandre, les hôpitaux obtiennent généralement de meilleurs résultats. Les hôpitaux universitaires font également partie des meilleurs élèves de la classe.
Malgré ces chiffres et ce signal d'alarme à l'AZ Monica, le ministère de la Santé publique constate une tendance positive dans le secteur hospitalier. "Grâce à une collaboration intensive et à des outils communs, de plus en plus d'hôpitaux progressent, notamment en matière de gouvernance et d'ancrage formel de la cybersécurité".
Chaque année, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) débloque 15 millions d'euros pour la cybersécurité des hôpitaux. L'ASBL SHIELD a notamment été créée grâce à ces fonds afin d'accompagner les hôpitaux. Elle continuera à suivre la préparation des hôpitaux belges en matière de cybersécurité. De plus, chaque hôpital recevra un plan d'action individuel pour les 36 prochains mois, comprenant des priorités, des solutions et des budgets.

En parallèle, l’entreprise de cybersécurité Secutec a révélé mercredi qu’au moins cinq hôpitaux belges avaient été victimes d’un même datalek chez un fournisseur de logiciels d’enregistrement en ligne des patients. Selon ses constatations, 71.000 données personnelles et identifiants de patients et de prestataires de soins ont été exposés en ligne. Outre l’AZ Monica, au moins quatre autres hôpitaux travaillant avec le même prestataire informatique seraient concernés, sans que leurs noms ne soient communiqués. Secutec appelle les hôpitaux à renforcer le contrôle et l’audit de leurs fournisseurs, soulignant que les sous-traitants constituent un maillon critique de la chaîne de sécurité, dans un contexte où la directive européenne NIS2 impose un contrôle accru des tiers.

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Derniers commentaires

  • Charles KARIGER

    15 janvier 2026

    Elon VDBroucke s'en moque bien!
    Ses seuls soucis sont d'imposer une informatisation à la va-vite, à la six-quatre-deux et surtout de CACHER à la POPULATION que notre système de sécurité sociale conçu en 1944 est arrivé à bout de souffle.
    Par sa parole magique ( "La cybersécurité dans trois hôpitaux belges sur quatre DOIT être renforcée de toute urgence" ) , notre Elon VDB évacue le problème en débloquant une aumône ridiculement insuffisante à cet effet.
    Curieusement, ce "socialiste" évite soigneusement de créer un système NATIONAL de cyber-protection. Protéger nos Patients et nous protéger (les données fuitées concernent des dizaines de milliers de Patients ET DE SOIGNANTS) ne l'intéresse pas.