La réforme du paysage hospitalier durant les dix prochaines années ne pourra être réussie que si les hôpitaux et les Régions disposent des moyens financiers nécessaires pour accompagner cette mutation. C'est ce qu'a plaidé l'Unessa, la fédération de l'aide et des soins aux personnes, en réaction à la proposition de principe décidée mercredi lors de la Conférence interministérielle (CIM) Santé publique.
Cette proposition, basée sur un rapport de la commission d'experts indépendants et sur des avis des parties prenantes, constitue une base commune de travail. Elle permettra aux ministres de la Santé de poursuivre les discussions avec leurs gouvernements respectifs et de préciser certains aspects de la réforme avant l'adoption des décisions définitives prévue en septembre.
Tant le rapport des experts que celui des instances consultatives des différents niveaux de pouvoir préconisent de définir quatre types de sites hospitaliers - hôpital universitaire, hôpital général régional (HGR), centre médical local (CML) renommé en centre hospitalier de jour (CHJ) et hôpital de soins intermédiaires (HSI). Chacun disposera de ses propres spécificités.
L'Unessa dit prendre acte de cette proposition de principe, qui "confirme qu'un consensus politique existe désormais sur la nécessité de transformer en profondeur l'offre de soins hospitaliers en Belgique, afin de préserver l'accessibilité, la qualité et la viabilité de notre système de santé".
La réforme n'est pas qu'un simple ajustement administratif, car elle modifiera durablement l'organisation de l'offre hospitalière, la mission de certains sites, les équilibres territoriaux et les conditions concrètes d'accès aux soins pour les patients, rappelle l'organisation.
Elle relève, avec satisfaction, que plusieurs "éléments majeurs" ont été obtenus par rapport à la note initiale des experts. Elle cite notamment le délai permettant aux sites qui souhaitent rester hôpital général régional de renforcer leurs activités et de consolider leur offre et une meilleure équité dans la prise en charge urgente à travers le pays, grâce à l'introduction d'une dérogation pour les sites situés à plus de 25 km d'un hôpital général régional. Elle relève aussi un calendrier de transformation "réaliste", qui laissera aux hôpitaux le temps d'anticiper, de décider et d'adapter leurs infrastructures.
Elle accueille aussi positivement la perspective d'un fonds de transition fédéral destiné à accompagner les coûts de réorganisation liés à cette réforme. "La transformation du paysage hospitalier aura des conséquences organisationnelles, humaines, immobilières et financières majeures. Elle ne pourra réussir que si les hôpitaux et les Régions disposent des moyens nécessaires pour accompagner cette mutation", souligne ainsi l'Unessa.
Le fonds de transition devra dès lors être "suffisamment ambitieux, prévisible et adapté aux réalités des institutions. Il devra soutenir les coûts de réorganisation et permettre aux acteurs hospitaliers de mener la réforme sans fragiliser davantage des établissements déjà soumis à de fortes tensions budgétaires et humaines", préconise la fédération de l'aide et des soins aux personnes.
"Cette réforme ne pourra être réussie que si elle respecte les besoins des patients, la réalité des territoires et la capacité opérationnelle des hôpitaux", conclut Philippe Devos, le directeur général de l'Unessa, évoquant une transformation "à réussir avec les acteurs de terrain".
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