Gabrielle Petit, infirmière et figure emblématique de la résistance belge, a été choisie pour donner son nom au nouvel hôpital du CHwapi qui regroupera fin 2027 tous les sites du centre hospitalier tournaisien. Un symbole d’engagement et de bienveillance.
« Nous avons choisi le nom d’une dame qui a eu un courage exemplaire. Gabrielle Petit a été infirmière et résistante pendant la Première guerre mondiale. Elle a été fidèle à ses convictions. Elle n’a jamais trahi sa patrie et elle l’a payé au prix le plus fort. Elle a été fusillée. Son courage et sa détermination en font une figure emblématique de la résistance belge. Son nom incarne la bravoure et la liberté. Elle fait partie de notre histoire et ses valeurs incarnent les nôtres : le courage, la bienveillance, l’engagement, l’entraide et la générosité», soutient Didier Deval, directeur général du CHwapi.
Florence Hut, directrice médicale du CHwapi, apprécie le fait que le nouvel hôpital porte le nom d’une personne. «Aujourd’hui, de nombreux hôpitaux sont désignés par des sigles ou par leur lieu d’installation. Baptiser un hôpital du nom d’une personne, c’est l’humaniser. Cela donne envie de perpétuer l’histoire de cette personnalité. A titre personnel, choisir le nom d’une femme était le plus beau cadeau qu’on puisse me faire parce que je suis une féministe convaincue. Ici, nous posons un choix assumé. Enfin, Gabrielle Petit est originaire de notre région. Dans notre hôpital, l’identité de Tournai et de la Wallonie picarde est très présente. Notre ancrage territorial est important. Gabrielle Petit était une femme engagée et combattante. Ses valeurs me parlent et parleront à nos patients, à nos collaborateurs et voisins.»
« L’engagement de Gabrielle Petit a été porté, en quelque sorte, par nos équipes », souligne Delphine Uyttendaele, directrice du département infirmier. « Un engagement dans la construction, dans la fusion, dans l’amélioration des conditions de travail de nos collaborateurs et de vie de nos patients. Ce nouveau nom va renforcer l’engagement de tout le monde à travailler ensemble dans la bienveillance. »
Un projet mobilisateur
Pour rappel, en 2017, le CHwapi a décidé de rassembler ses différents sites en un même lieu, le site Union. « Pour ce projet, nous avons mobilisé plus de 500 personnes », explique Didier Delval. «Nous avons d’abord construit le projet médical et déterminé la façon dont les services médicaux veulent travailler entre eux et dont nous voulions réorganiser les processus. Après, nous avons fait des allers-retours entre les utilisateurs du bâtiment et les concepteurs. Nous avons dû tenir compte de nombreuses contraintes, entre autres urbanistiques : à Tournai aucun immeuble ne peut être plus haut que la cathédrale. Nous devions construire sur la surface dont nous disposions entre les boulevards et les rues. Nous avons aussi dû nous adapter au nouveau mode de financement des infrastructures. Nous avons dû dimensionner l’hôpital à nos besoins réels avec un financement sur trente ans et puis nous serons refinancés, partiellement, en fonction de l’activité médicale. Nous avons dû faire face à la crise du Covid, à l’inflation des coûts, aux risques géopolitiques… La chute d’une grue a supprimé du jour au lendemain 100 lits que nous comptions utiliser durant les travaux. »
Un hôpital audacieux et visionnaire
« Cet hôpital unique nous l’avons rêvé. Il devient réalité. Tout début octobre, nous allons utiliser les 10 premières salles d’opération et les salles d’endoscopie », ajoute le Dr Delval. « En 2026, nous continuerons à déménager dans cet hôpital moderne, audacieux et visionnaire. Il symbolise la fusion des hôpitaux tournaisiens qui a été initiée en 2009. Ce rassemblement sur un site unique est un nouveau chapitre de notre histoire.»
Jean-Pierre Genbauffe, a rappelé que le rassemblement des hôpitaux tournaisiens appartenant à la Mutualité chrétienne et à Solidaris avait été très critiquée en 2009. « On nous a reproché de vouloir détruire les piliers philosophiques. Cette résistance ne nous a pas arrêtés parce que nous avions un vrai projet stratégique pour faire face à la réduction des moyens financiers et humains. Aujourd’hui, on ne nous critique plus et on loue la création d’un site unique », commente le vice-président du CA du CHwapi. « Certains disent que les mutualités ne servent à rien. Nous gérons tout de même des hôpitaux qui soignent des gens avec l’ambition de réfléchir à la place du patient et à se projeter dans un projet d’innovation. »
Et le président du réseau Phare de souligner que le CHwapi a « fait son petit effort » dans le « redesign » du secteur hospitalier puisqu’il va passer de 4 sites hospitaliers à 1. « Nous sommes le bon élève de la classe. Nous nous sommes bien positionnés par rapport aux défis du futur et au challenge que le ministre Vandenbroucke veut remporter. Grâce au rassemblement des sites, nous évitons les frais et les désagréments liés aux transferts des patients. Nous allons optimaliser notre fonctionnement. Ce nouveau bâtiment est une stratégie au service du personnel et de la population.»







