Les dépenses en médicaments ne sont pas hors de contrôle, affirme pharma.be

Le débat sur l’accessibilité financière des médicaments est légitime. Mais selon pharma.be, la discussion sur les dépenses pharmaceutiques se heurte souvent à une mauvaise interprétation des chiffres. L’économiste en chef Geert Steurs prévient : « Nous devons mener cette discussion, mais avec des données correctes. Car quiconque se base sur des montants bruts tire inévitablement de mauvaises conclusions. »

Ces dernières semaines, plusieurs articles et tribunes ont évoqué une hausse explosive des coûts des médicaments. Ainsi, L’Echo rapportait que les dépenses pour l’immunothérapie auraient triplé en dix ans, passant de 1,1 milliard à 3,1 milliards d’euros. De Tijd indiquait pour sa part que les dépenses totales en médicaments auraient augmenté de 80 % entre 2014 et 2023.

Mais ces chiffres portent sur les dépenses brutes, souligne Steurs. Et celles-ci donnent une image biaisée. « Ce qui compte vraiment pour le budget de l’INAMI, ce sont les dépenses nettes, explique-t-il. C’est-à-dire après déduction des montants que les entreprises reversent à la sécurité sociale. Ces remboursements font structurellement partie du modèle de financement des médicaments innovants. »

De tels mécanismes de remboursement s’appliquent aux nouvelles thérapies dont l’efficacité clinique ou l’impact budgétaire restent incertains. Elles sont remboursées temporairement, dans le cadre d’un accord entre l’INAMI et l’entreprise concernée. Le montant de ces remboursements a considérablement augmenté. « En 2014, ils représentaient encore 185 millions d’euros, précise Steurs. En 2024, ce montant a atteint 1,7 milliard d’euros. »

Ainsi, les dépenses nettes pour l’immunothérapie n’ont pas triplé : elles sont passées de 1 à 1,5 milliard d’euros, soit une hausse de 50 %, dont la moitié s’explique par un nombre accru de diagnostics.

Le tableau est également nuancé pour l’ensemble du budget des médicaments. « Les dépenses nettes totales pour les médicaments ont augmenté de 42 % entre 2014 et 2023. Dans le même temps, les dépenses totales de l’INAMI pour les soins de santé ont progressé plus rapidement, de 51 %. Nous avons donc, en proportion, dépensé de moins en moins pour les médicaments au cours de cette période. »

Pharma.be plaide dès lors pour un débat sur l’utilisation efficiente des médicaments, mais fondé sur des données transparentes et étayées.

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