À l’heure du rapprochement entre les groupes Rossel et IPM dans la presse généraliste, les questions d’indépendance rédactionnelle, de pluralisme et de diversité des contenus traversent également la presse médicale. Dans ce contexte, le rapprochement récent entre RMN, Vivactis et Premium Health met en avant la complémentarité des rédactions et le maintien de sources d’information autonomes au service des professionnels de santé.
Alors que la fusion des groupes de presse Rossel (Le Soir/Sudinfo) et IPM (La Libre/L’Avenir/La DH) doit être consacrée dans les prochaines semaines, les sociétés des rédacteurs (SDR) des différents quotidiens préviennent, lundi dans une carte blanche, que les lecteurs ont eux aussi « un rôle à jouer » dans le maintien d’une presse « diversifiée et de qualité ».
Le secteur de la presse traverse depuis plusieurs années une période de fortes turbulences, rappellent les présidents des SDR du Soir, de La Libre et de L’Avenir. L’érosion des ventes papier, la baisse des revenus publicitaires, la concurrence des GAFAM, l’essor de l’intelligence artificielle ainsi que la fin de la concession de distribution des journaux décidée par le précédent gouvernement fédéral ont fortement fragilisé le modèle économique du secteur.
C’est dans ce contexte que s’inscrit ce qu’ils qualifient « d’ultime concentration d’acteurs » dans la presse francophone belge.
« Face à ces nombreux défis, voir Rossel devenir l’unique actionnaire de l’ensemble des titres de presse francophone doit être accueilli avant tout avec pragmatisme », écrivent les représentants des rédactions. Ils estiment toutefois que « le processus à l’œuvre ne peut se limiter à une lecture purement économique ».
Selon eux, ce rapprochement soulève une question plus large sur « la place de la presse en tant qu’acteur de la vie démocratique, tant au niveau national que local ».
Les sociétés des rédacteurs soulignent également que le pluralisme ne peut être garanti uniquement par le maintien de plusieurs titres distincts. « Ce pluralisme dépend davantage des ressources allouées à des rédactions autonomes que de l’engagement de principe de maintenir des titres de presse qui ne seraient plus que des coquilles vides », avertissent-elles.
Les représentants du Soir, de La Libre et de L’Avenir observent par ailleurs que les échanges de contenus entre médias se sont souvent traduits ces dernières années par « un appauvrissement global de l’offre éditoriale ».
« Sans un cadre clair, nous craignons que cet appauvrissement se poursuive, que concentration rime avec uniformisation », alertent-ils encore. Les rédactions entendent dès lors jouer un rôle de « force de proposition » mais aussi de « garde-fou » afin de préserver « l’identité propre à chacun des titres ».
Les auteurs de la carte blanche estiment enfin que les lecteurs ont également une responsabilité dans l’avenir du paysage médiatique belge. « En choisissant chaque jour une presse de qualité, capable de répondre à leurs attentes, ils contribuent, eux aussi, à préserver le débat public », concluent-ils.
Et la presse médicale ?
Dans la presse médicale également, les mouvements de rapprochement entre groupes éditoriaux se multiplient afin de faire face à la fragmentation des audiences, à la pression économique et aux nouveaux défis liés au numérique et à l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, le rapprochement récent entre RMN ( Le Spécialiste , Medi-Sphère, Onco-hémato, Gunaïkeia, Neurone, Skin,..), Vivactis ( Tempo Médical) et Premium Health ( JIM , JDV, JGU, ...) s’inscrit dans une logique centrée sur la complémentarité des expertises rédactionnelles et la diversification des sources d’information médicales et socio-professionnelles.
Les trois groupes mettent en avant le maintien de rédactions autonomes ainsi que la richesse de leurs approches respectives. Cette diversité éditoriale est présentée comme une garantie d’indépendance et de fiabilité de l’information destinée aux médecins et aux autres professionnels de santé.
La mutualisation des moyens doit également permettre un renforcement de la couverture journalistique, avec une présence accrue lors des congrès médicaux, réunions scientifiques et événements socio-professionnels en Belgique comme à l’étranger. L’objectif affiché est d’apporter aux lecteurs davantage d’informations utiles dans leur pratique quotidienne et, au final, au bénéfice des patients.
« Comme j’aime souvent le répéter, la médecine n’est pas faite pour les médecins mais pour les patients », déclare Philippe Marchal , directeur des publications digitales de RMN « Tout ce qui permet d’améliorer la qualité, la diversité et la fiabilité de l’information médicale contribue à une meilleure prise en charge des patients. »







