La Conférence interministérielle Santé publique a réceptionné mercredi le rapport du groupe d’experts indépendants chargé de formuler des recommandations sur l’avenir du paysage hospitalier belge. Ce document ne constitue pas une décision politique mais ouvre une phase d’analyse et de concertation entre les différents niveaux de pouvoir, souligne le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, dans une réaction transmise le même jour.
Le ministre wallon voit dans le rapport un apport utile pour objectiver les défis auxquels le système hospitalier est confronté. « Ce travail d’experts apporte des éléments d’analyse utiles et largement partagés sur les défis auxquels notre système hospitalier est confronté, notamment en matière de pénurie de personnel, de soutenabilité financière et d’organisation de l’offre de soins », affirme Yves Coppieters.
Le ministre insiste sur le fait que le rapport marque le début d’un processus et non une décision arrêtée. « Il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas de décisions politiques mais bien du début d’une réflexion sur l’évolution et la conversion de l’offre hospitalière, dans une logique de complémentarité et de qualité des soins », précise-t-il, évoquant également les contraintes liées aux pénuries de personnel soignant et aux défis budgétaires. Selon Yves Coppieters, le rapport « marque l’ouverture d’un trajet d’analyse interfédérale, qui va se poursuivre avec les administrations et les gouvernements concernés ».
Pour la Wallonie, le ministre fixe plusieurs balises jugées incontournables en cas de mise en œuvre des recommandations. « Toute mise en œuvre devra impérativement garantir l’accessibilité aux soins, tenir compte de la densité de population et des réalités territoriales, en particulier dans les zones rurales, et veiller à l’équité pour l’ensemble des citoyens », indique-t-il. Cette réflexion devra également s’inscrire dans la continuité des réformes déjà engagées au niveau régional, notamment le renforcement de la première ligne d’accompagnement et de soins ainsi que le développement des soins ambulatoires.
Yves Coppieters attire par ailleurs l’attention sur les implications du rapport pour la politique régionale d’infrastructures hospitalières. Celle-ci constitue à la fois « un héritage des politiques menées ces dernières décennies » et « un choix stratégique vers le futur ». Le ministre plaide pour une prise en compte des spécificités wallonnes, une évaluation concertée des projets en cours et de leur compatibilité avec la future organisation du paysage hospitalier, ainsi qu’une visibilité suffisante sur le calendrier de mise en œuvre afin d’adapter la programmation régionale, dans un respect mutuel des préoccupations de chaque niveau de pouvoir.
« L’objectif ultime de ce rapport vise avant tout un objectif partagé : l’intérêt des patients. Des patients désireux de préserver un accès à des soins de qualité, accessibles et abordables. C’est cela ma priorité », affirme encore le ministre wallon de la Santé sur son site.
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