Réforme hospitalière : « Nous allons réunir tous les hôpitaux d’ici septembre » (Yves Coppieters)

À l'issue de la dernière Conférence interministérielle (CIM) Santé, un accord de principe a été dégagé entre toutes les entités fédérées et le niveau fédéral pour redéfinir l'organisation hospitalière belge. Le président de la CIM, Yves Coppieters, ministre wallon,  salue l'unanimité affichée autour de la table.

Des gouvernements aux couleurs politiques très différentes — qu'ils soient de Wallonie, de Bruxelles, de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou du niveau fédéral — ont convergé vers une vision commune : améliorer la qualité et l'accessibilité des soins, en misant résolument sur la proximité. » Même le Parti socialiste, présent pour la première fois à cette CIM Santé via la ministre Lalieux, a soutenu la démarche. « Ce résultat est le fruit d'une méthode de travail revendiquée depuis le début de la législature : la concertation large, avec les experts, les opérateurs hospitaliers, les représentants des soignants et l'ensemble des niveaux de pouvoir », ajoute-t-il.

« Il faudra du courage »

Toutefois, rien n’est terminé. En effet, l'été servira à consolider ce travail : « Nous avons prévu des rencontres avec les hôpitaux pour recueillir leurs intentions de positionnement, la finalisation des documents et l’adoption d'une note de décision formelle prévue... Toutes ces rencontres se dérouleront d’ici septembre. »

En outre, le ministre wallon, membre des Engagés, l’affirme : « Il faudra aussi du courage de la part des institutions hospitalières (pour accepter de se redéfinir) et des élus locaux (pour ne pas succomber aux réflexes défensifs face à des transformations parfois perçues comme des menaces). Cette réforme n'est pas une cure d'austérité, mais un pari sur la qualité, la cohérence avec la première ligne et l'avenir des soins en Wallonie. Chaque établissement sera invité à choisir sa trajectoire dans le cadre de bassins de soins territoriaux, les OLS, au sein desquels la coopération entre structures sera fortement encouragée, sans pour autant être contrainte. »

Pour rappel, sur le fond, l'accord maintient les quatre niveaux de structure hospitalière existants et « aucun site ne sera fermé »

La gériatrie au cœur de la réflexion

Le centre hospitalier de jour doit constituer le premier niveau de prise en charge, avant tout recours à l'hôpital général de référence. « Notre volonté est de traiter au plus près du domicile la grande majorité des problèmes de santé, en particulier ceux liés au vieillissement de la population, aux maladies chroniques et à la santé mentale. La gériatrie de proximité est une priorité : il n'est plus acceptable qu'un patient âgé parcoure 25 à 30 kilomètres pour accéder à un service de jour. »

Des dérogations pour les territoires ruraux

L'accord prévoit également des dérogations territoriales pour certaines zones éloignées de la Région wallonne. « Ces sites pourraient conserver ou développer un service d'urgences, opérationnel de 7 h à 23 h, avec un personnel composé de médecins généralistes ou urgentistes, et connecté en permanence au SMUR. Cette disposition vise à garantir une réponse aux soins non programmés sans pour autant dupliquer les services d'urgences 24 h/24, qui restent l'apanage des hôpitaux généraux de référence. »

Un calendrier en deux phases et un fonds de transition

Pour accompagner cette transition, un fonds dédié sera alimenté par le niveau fédéral. Il couvrira les coûts de fonctionnement liés à la mutation des institutions, sans toucher aux investissements en infrastructures.

Les défis qui restent

Pour que ce moment se transforme en réussite, certains chantiers restent à mener : « La réforme du financement hospitalier, la révision de la nomenclature, celle des suppléments d'honoraires, et surtout la modernisation de l'aide médicale urgente — notamment du système de triage via le 1733. Tout cela devra avancer en parallèle pour que la nouvelle architecture soit cohérente. Sans ces réformes fédérales concomitantes, le risque est de bâtir une structure sans en réformer les fondations », conclut le ministre wallon.

Lire aussi : Réforme hospitalière: « Aucun site hospitalier ne sera contraint à la fermeture » (CIM)

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Derniers commentaires

  • Hervé Godiscal

    25 juin 2026

    cette "réforme " en ce qui concerne la gériatrie est en contradiction avec le programme de soins défini en 2007.
    La prise en charge des seniors est polyvalente : l'aigu; les soins de suite ;l'intervention d'équipes mobiles qui ne devraient plus être qu'intra-hospitalières dans le cadre de la gériatrie de liaison externe.

  • Freddy GORET

    25 juin 2026

    Médecin devenu politicien
    Ben oui c est plus rentable la politique que la pratique journalière jour et nuit de la médecine de terrain
    Ben oui il doit arriver à se convaincre que la réforme de vandenbroek c est bien pour l accès aux soins de qualité avec moins de moyens moins d hôpitaux et de maternité et une pénurie de soignants dégoûtés de la pratique journalière par surcharge de travail et manque d effectifs
    Tout sera mieux dans le meilleur des mondes
    Ce ministre est sinistre et ne crois pas lui même a ce qu il dit car il sait pertinemment que c est faux