Réforme hospitalière : « Nous ne pouvons plus proposer tous les soins partout »

La réforme du paysage hospitalier continue de faire réagir les directions wallonnes après leur réunion avec le ministre régional de la Santé, Yves Coppieters. Alexandre Hebert, directeur médical du CHR de Verviers, défend le principe d’une concentration de certaines activités, à condition de préserver l’accessibilité et la qualité des soins ainsi que l’attractivité des métiers hospitaliers.

« Après cinq ans comme directeur médical, je suis convaincu d’une chose : nous ne pouvons plus proposer tous les soins partout. » Dans une publication sur LinkedIn, Alexandre Hebert, directeur médical du CHR de Verviers, prend position dans le débat sur la future organisation du paysage hospitalier.

Il faisait partie des responsables hospitaliers réunis lundi dernier autour du ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, avec plusieurs directions médicales, directions générales et le cabinet du ministre. Le rapport d’experts actuellement discuté envisage une transformation du système hospitalier sur plusieurs années, avec notamment davantage de coordination entre structures de soins.

Pour Alexandre Hebert, la nécessité de faire évoluer l’organisation hospitalière ne fait guère de doute. « Notre organisation hospitalière doit évoluer », affirme-t-il. Il pointe « des ressources médicales limitées dans certaines spécialités », « une pression budgétaire croissante », des besoins de soins qui évoluent et une exigence de qualité qui « ne peut pas diminuer ».

« La réponse ne peut donc pas être de continuer à vouloir tout proposer partout », estime-t-il. Le directeur médical du CHR de Verviers plaide plutôt pour une meilleure coordination des structures de soins, des parcours plus fluides et l’organisation de certaines expertises « là où elles peuvent être proposées dans les meilleures conditions ».

Trois priorités

Il pose cependant trois priorités qui, selon lui, « ne peuvent pas être négociées ». La première concerne l’accessibilité : « Le patient doit pouvoir accéder au bon soin, au bon endroit et au bon moment. »

Deuxième priorité : la qualité. « Nous devons avoir un langage de vérité sur ce que chaque structure est réellement capable de proposer avec le niveau de qualité attendu », écrit Alexandre Hebert.

Enfin, il insiste sur l’attractivité des métiers hospitaliers : « Aucune réforme ne fonctionnera sans des équipes médico-soignantes suffisamment dimensionnées, engagées et qui ont envie de rester dans nos institutions. »

Cette prise de position intervient alors que les directions hospitalières wallonnes avaient surtout fait part, lors de la réunion avec Yves Coppieters, de leurs nombreuses interrogations sur les modalités concrètes de la réforme. Comme Le Spécialiste le rapportait à l’issue de la rencontre, les établissements ne connaissent notamment pas encore précisément les critères qui définiront les futures catégories de structures, les services qui leur seront associés ou les conditions d’accessibilité géographique.

Le calendrier constitue une autre source d’inquiétude. Un appel à projets est attendu d’ici la fin de l’année afin que les établissements puissent se positionner pour 2027, alors que les critères fédéraux n’étaient toujours pas connus au moment de la réunion. Les directions avaient également exprimé leurs préoccupations concernant le financement de la transition et le caractère réellement additionnel des moyens qui pourraient lui être consacrés.

Alexandre Hebert replace pour sa part le débat au-delà de la seule configuration future des établissements. « La réforme du paysage hospitalier ne doit donc pas simplement être une question de structures », souligne-t-il.

Elle doit, selon lui, répondre à « une question beaucoup plus importante » : « Comment organiser différemment nos hôpitaux pour continuer à offrir les meilleurs soins possibles demain ? »

« C’est, selon moi, le débat que nous devons avoir », conclut le directeur médical du CHR de Verviers.

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