Seize centres d’expertise pour la prise en charge de l’AVC en préparation

Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) veut que les traitements complexes après un AVC soient désormais réalisés uniquement dans des centres agréés. Seize hôpitaux entrent en ligne de compte.

Vendredi dernier, le gouvernement a arrêté les critères applicables à ces centres S2 . L’objectif est d’atteindre 16 centres S2 au maximum en Belgique. La distance entre deux centres est d’au moins 25 kilomètres, par l’itinéraire présentant le temps de trajet moyen le plus court, pendant la période de la semaine où la densité moyenne du trafic est la plus élevée. Ces centres doivent réaliser au moins 50 thrombectomies par an sur une période moyenne de 3 ans.

Des critères sont prévus pour le seizième centre. Il doit se trouver sur le territoire de la Région présentant l'incidence la plus élevée d'AVC aigus, corrigée en fonction de l'âge, et à condition qu’il se situe à une distance d’au moins 50 kilomètres par rapport à un autre programme de soins. Une période de transition a également été prévue pour permettre à une association d’hôpitaux existante de continuer à travailler sur deux sites pendant deux ans. Il revient aux entités fédérées d’agréer les centres sur la base des critères. Cette mesure est le fruit d’une concertation avec les entités fédérées.

Les premiers soins de l’AVC aigu sont évidemment dispensés le plus près possible du domicile, dans un centre S1 à proximité. Ces centres S1 collaborent au niveau régional avec des centres S2 dans le cadre d’accords de coopération, dans un réseau plus large de soins de l’AVC, où le centre S2 sert de point de contact. De cette manière, nous obtenons, selon la ministre ,  un paysage organisé dans lequel les médecins du SMUR interviennent en cas d’AVC.

La définition de ces normes est une compétence fédérale. L’agrément concret des centres qui satisfont aux normes est une compétence des entités fédérées. Il a également été convenu avec les entités fédérées de considérer les maladies cardiovasculaires comme une priorité dans leur politique de qualité, (l’oncologie et la sécurité des patients ont également été désignés comme priorités).

 Pour le ministre Vandenbroucke « En regroupant l’expertise et les ressources en matière de soins de l’AVC tout en tenant compte au maximum de l’importance de la proximité, nous pouvons garantir les meilleurs soins aux personnes victimes d’un infarctus cérébral. Avec cette approche, nous posons les fondements d’un vaste plan pour les soins cardiovasculaires, dont les soins de l’AVC constituent un élément important. Nous mettons tout en œuvre pour offrir les meilleurs soins à nos patients. »

Le projet est actuellement soumis pour avis au Conseil d’État. Le ministre Frank Vandenbroucke s’attend à ce qu’il puisse être définitivement approuvé dans les 30 jours, après quoi les entités fédérées pourront agréer les centres.

Les experts réclament depuis des années un plan national AVC. En Belgique, un patient sur dix décède en moyenne après une hospitalisation pour AVC. Mais ces chiffres varient fortement selon les hôpitaux : de 3 à 30 %. Autrement dit, les chances de survie après un AVC peuvent être jusqu’à dix fois plus élevées d’un hôpital à l’autre.

En Belgique, selon des chiffres de Sciensano et d'un audit récent de l'INAMI, environ 16.000 personnes sont touchées chaque année par un AVC ischémique.

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Derniers commentaires

  • Pierre GOFFETTE

    05 mai 2026

    Pourquoi ajouter un 16ième centre au nombre de 15 décidé il y a plus de quatre ans? 15 centres pour la Belgique est déjà excessif si on veut intégrer uniquement des centres d'excellence ou l'expertise prime sur toute autre considération. En france (6x plus peuplée et 18 x plus grande), il y a maximum 70 centres.......

  • Michèle Yerna

    04 mai 2026

    Le Manuel belge de régulation médicale ne prévoit l’engagement d’un SMUR ou d’un PIT que si signe de choc ou trouble de la conscience, il va falloir upgrader sérieusement soit le manuel soit les ambulanciers pour que le diagnostic soit posé à temps et que la filière spécifique soit activée

  • Christian DELCOUR

    04 mai 2026

    L’AR concernant les centres S2 a été publié en avril 2014 nous sommes en 2026…pourquoi un tel délai inacceptable ?

  • Philippe NOEL

    04 mai 2026

    A côté de la prise en charge dans l'urgence de l'AVC, il faut mettre en place réellement, au-delà des soins aigus (thrombectomie,...), un relais rapide vers une revalidation globale et intense, dont on sait que la mise en oeuvre précoce et évolutive améliore grandement le pronostic fonctionnel, et donc réduit la lourdeur (physique, mentale, sociale et financière) trop souvent constatée encore de nos jours . Cela comporte non seulement les approches motrices, mais aussi sensorielles, cognitives et bien sûr communicationnelles (logopédie en particulier) .
    Dr NOEL Philippe, MG