La moitié des pratiques extra-hospitalières menacées si les suppléments d’honoraires sont plafonnés à 25 %

La moitié des spécialistes exerçant en pratique extra-hospitalière (dite extramuros) devrait cesser leur activité si les suppléments d’honoraires étaient limités à 25 %, ressort-il lundi d’une enquête en ligne menée par Vista Minds, un groupe de réflexion médical flamand initié par l’orthopédiste Kristoff Corten. L’enquête, à laquelle ont répondu 146 médecins spécialistes flamands, servira de base à une journée de réflexion organisée le 14 octobre à Louvain sur l’avenir du système de santé.

Selon le Pr Corten, 51 % des répondants indiquent qu’ils devraient fermer leur pratique extra-hospitalière en cas de plafonnement à 25 % des suppléments. Parmi eux, près d’un quart (23 %) envisagerait d’arrêter complètement la profession. Actuellement, plus de la moitié (51 %) combine une activité hospitalière avec une pratique extra-hospitalière.

La motivation dépasse le seul aspect financier

L’enquête montre que l’exercice extra-hospitalier n’est pas d’abord motivé par des considérations économiques. Les principales raisons invoquées sont la satisfaction du patient (55 %), une qualité accrue des soins (22 %) et une organisation plus efficace (10 %). Les médecins soulignent que cette pratique contribue à réduire les délais d’attente (22 %), à offrir des parcours plus personnalisés et à générer une diminution estimée entre 28 et 31 % des coûts pour l’assurance maladie.

« L’extra-hospitalier renforce l’accessibilité et l’efficience des soins, tout en améliorant la relation médecin-patient », analyse le Pr Corten.

Une demande de confiance et de marge d’initiative

Les participants à l’enquête demandent que l’autorité publique accorde davantage de confiance et laisse une place au « social entrepreneurship ». Aucun ne plaide pour une privatisation, mais tous souhaitent « prendre ensemble la responsabilité d’une organisation durable des soins ».

D’après la pondération des motivations, la satisfaction du patient (4,14/5) et l’organisation pratique (3,97/5) arrivent en tête, devant l’équilibre vie privée-vie professionnelle (3,44) et la collégialité (3,05). L’aspect financier obtient une note plus basse (2,93), tandis que la collaboration transdisciplinaire, possible surtout en extra-hospitalier, atteint 2,20.

Les résultats complets seront présentés lors du symposium Vista Minds du 14 octobre à Louvain.

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