Marc De Paoli vient d’être reconduit à la tête du CHU de Liège pour cinq ans. Pour Le Spécialiste, il dresse le bilan de son premier mandat et dévoile les axes de son second, qui débutera en février 2027.
Marc De Paoli a proposé au conseil d’administration du CHU de Liège d’anticiper de six mois le processus de désignation de l’administrateur délégué afin de pouvoir préparer un éventuel successeur durant une période de transition, ou se préparer à poursuivre sa mission. Le CA a décidé de renouveler sa confiance à Marc De Paoli en le reconduisant pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l’institution, de 2027 à 2032.
Le vote a recueilli 16 voix favorables, contre 4 oppositions et une abstention. « J’ai obtenu une grande distinction », commente avec humour Marc De Paoli. « J’ai eu un soutien très clair en disant qu’il y a une vision stratégique et que l’hôpital a besoin de stabilité. Changer de dirigeant tous les cinq ans peut être compliqué. Normalement, le rôle d'un gestionnaire et d'un conseil d'administration est de se projeter à cinq, dix ou quinze ans et de pérenniser la structure en la développant. Des personnes comme moi ne sont jamais que des passeurs de témoin. On reçoit l'outil, on essaie de faire le mieux qu'on peut et de le transmettre à quelqu'un d'autre. Pour ma reconduction, je trouvais important qu’il n’y ait pas de période d’affaires courantes qui immobiliserait l’institution. »
Un bilan de cinq ans
« À mon arrivée au CHU de Liège, j’avais établi un plan autour de six axes : l'humain, le financier, la communication, le réseau, la performance et les évaluations permanentes », explique Marc De Paoli. « Dès mon entrée en fonction, j'ai rencontré tous les chefs de service, tous les directeurs et tous les présidents de département pour affiner ce plan et le co-construire. Cela a bien fonctionné. Je ne crains pas la cogestion. J'ai noué d'excellentes relations avec le Conseil médical, l'Université de Liège, la Faculté de médecine et les organisations syndicales. Je suis content du résultat parce que ces échanges créent de la transversalité et défendent les intérêts de l'institution. C'est une réussite. »
Les finances du CHU suivent une courbe favorable. « Après les années 2020-2021, les hôpitaux étaient arrosés de trésorerie. C'était un peu l'arbre qui cachait la forêt. Le CHU a ensuite été impacté par les années 2022-2023, avec l’hyperinflation liée à la guerre en Ukraine, l’augmentation des prix et l’indexation des salaires du personnel et des médecins, dont 70 % sont obligatoirement salariés dans un hôpital académique, alors que la nomenclature n’a été indexée que beaucoup plus tard. Nous avons eu des années difficiles. Mais nous avons assaini les finances. En 2024 et 2025, nous avons dégagé des bénéfices. »
Le CHU de Liège présente un chiffre d’affaires (plus autres produits, NDLR) de 1,030 milliard d’euros et compte 8.500 membres du personnel, dont 1.400 médecins et assistants. « Le plus important est de dégager du cash-flow pour financer les investissements courants et maintenir le plateau technique à niveau. Notre objectif annuel de cash-flow est de 45 à 50 millions d’euros. Jusqu’en 2023, nous devions emprunter pour financer des investissements courants. Depuis fin 2023, nous ne devons plus le faire », précise l’administrateur délégué.
« Par ailleurs, nous avons négocié avec le Conseil médical (CM) un nouveau contrat de gestion qui fixe deux objectifs : l’atteinte de résultats en matière de cash-flow et d’un minimum d'activités et de journées justifiées. Si l'objectif est atteint, le CM reçoit une enveloppe qu’il redistribue aux médecins. Lorsque l’objectif est atteint, les médecins reçoivent leurs primes. S’il est dépassé, d’autres incitants sont prévus. C’est une sorte d'intéressement aux résultats. »
Au niveau de la gestion du personnel, le CHU de Liège a pu réengager, en 2025, 70 ETP infirmiers. « Nous sommes redevenus un petit peu plus attractifs et nous avons rouvert des lits parce que nous avions dû en fermer faute d'infirmiers. Aujourd’hui, une seule unité est fermée. »
Revoir l’offre de soins
« Nous devons nous mettre en ordre de bataille par rapport aux diverses réformes du gouvernement et de Frank Vandenbroucke, singulièrement la réforme du paysage hospitalier, qui a été adoptée récemment par la CIM Santé et doit encore être traduite dans les textes au niveau des gouvernements respectifs », avance Marc De Paoli.
Le CHU de Liège est un hôpital académique multisite. « Si nous ne faisons rien par rapport aux sites André Renard et Bruyères, il y aura un impact. Cette réforme du paysage hospitalier va faciliter les rapprochements, davantage que la logique des réseaux qui n’ont jamais vraiment fonctionné. Les autorités nous demandaient de nous entendre, de partager des activités, mais chacun restait financé individuellement. À moins de fusionner, c’était impossible d’y arriver. C’est ce que nous avons fait en reprenant la Clinique André Renard. »
Quid du rapprochement entre l’Hôpital de la Citadelle et le CHU de Liège, qui n’a finalement pas abouti ? « Je ne vis pas ce non-rapprochement comme un échec. Sylviane Portugaels, directrice générale de la Citadelle, et moi-même sommes allés très loin dans les discussions. Nous avions un accord sur un organigramme commun et un protocole d'accord concernant les fonctions suprarégionales. Les discussions ont clairement achoppé sur le statut des médecins, leur rémunération et les chefferies de service. Les Conseils médicaux ont craint de dénaturer leur site. Rappelons que les deux précédents présidents du CA et deux médiateurs ne sont pas parvenus à aligner les points de vue. Après les élections de 2024, la tripartite provinciale s'est emparée du projet en y incluant le Bois de l’Abbaye. Elle a désigné deux nouveaux médiateurs, le Dr Jacques de Toeuf et Yves Prête, qui travaillent actuellement sur le dossier. L’un connaît très bien le secteur hospitalier et les médecins, l’autre est un capitaine d'industrie. Ils se rendent compte que ce n'est pas si facile. Il faudra encore un peu de temps avant d’arriver à une fusion. »
Marc De Paoli est convaincu que les hôpitaux liégeois doivent collaborer pour conserver les fonctions suprarégionales. « Nous avons perdu la fonction d’onco-hémato-pédiatrie parce que nous ne nous sommes pas entendus. Or, à l’avenir, il faudra regrouper les pathologies rares et complexes. C’est la volonté ministérielle. Cette concentration a du sens pour l’organisation des soins, pour le personnel et pour le patient. On ne fait bien que ce que l’on fait souvent. Associons-nous et trouvons des accords pour le supra-régional. Que le patient vienne de l’hôpital A ou de l’hôpital B, nous devons nous entendre. Si nous ne le faisons pas, nous risquons de perdre de plus en plus. Aujourd'hui, le CHU de Liège répond à tous les critères pour disposer de centres de référence, mais qu’en sera-t-il dans cinq ou dix ans si les autorités augmentent le nombre de cas devant être pris en charge dans ces centres ? Associons-nous, mutualisons nos moyens, réunissons nos spécialistes et nos infirmiers pour ces pathologies complexes ; nous devons faire mieux autrement. »
Lire aussi: CHU de Liège : un plan co-construit pour cinq ans








Derniers commentaires
Freddy GORET
02 juillet 2026Mais oui.
Monsieur De Paoli
vous souhaitez que la Citadelle comble les dettes du CHU que vous avez mis en faillite après avoir mis en faillite la clinique André Renard
Vous rêvez !
Les médecins de la citadelle ne sont pas naïfs
Ils savent que vous êtes le porte serviette du patron de Solidaris ce cher Jean pascal Labille l homme aux cinquante mandats qui veut mettre la main sur la citadelle pour éponger sa mauvaise gestion
Monsieur Labille ancien bras droit de Michel Darden dans sa société de réviseurs d entreprises
C est Michel Darden qui a mis Labille mis a la tête de l ex FMSS rebaptisée SOLIDARIS pour éviter que son souhait de faire la politique ne porte ombrage à la carrière de son fils
Confrères de la citadelle ne faites pas entrer le loup dans la bergerie car vous risquez d être dévorés