« Nous aimerions dialoguer avec le ministre et fixer ensemble des objectifs de santé publique » ( Ph.Leroy )

Philippe Leroy, CEO des Cliniques universitaires Saint-Luc, appelle les autorités et le ministre de la Santé publique à rencontrer les directions hospitalières pour mieux appréhender les véritables défis du secteur.

« Pour mieux gérer les hôpitaux, il serait souhaitable d’instaurer un nouveau mode de gestion, sous forme de contrat de confiance. Aujourd’hui, nous sommes gérés par une administration tatillonne, comme si nous étions des enfants. Nous appelons à une refonte du financement – en intégrant des critères de qualité – mais aussi de la gouvernance du secteur », déclare le Dr Leroy, patron de l’hôpital académique de l’UCL. « Nous aimerions pouvoir dialoguer avec le ministre de la Santé publique, fixer ensemble des objectifs de santé publique. »

Et de proposer, par exemple, deux journées de travail avec Frank Vandenbroucke, les fédérations hospitalières, les syndicats et les mutuelles pour dégager des pistes concrètes.

« Aujourd’hui, les obstacles administratifs sont innombrables : dès qu’on veut interagir avec un autre hôpital, on est bloqué par des questions de TVA ou de législation. Quelques ajustements législatifs seraient indispensables. »

Philippe Leroy regrette que le cadre budgétaire limite actuellement le développement de l’activité ambulatoire. « Le budget 2026 est un non-sens : cette activité ambulatoire coûterait moins cher si nous pouvions la développer. Le moment est venu d’introduire de vrais incitants pour la favoriser. Certains pays atteignent 75 à 80 % d’ambulatoire ; nous en sommes à peine à 50-55 %. Pire : si vous “ambulatorisez” certaines procédures, l’hôpital perd de l’argent. Même réflexion pour les urgences : si vous travaillez avec les généralistes pour rediriger certains patients, vous faites baisser la fréquentation des urgences de 10 à 15 %, mais l’hôpital perd des revenus et n’est pas récompensé pour son effort. Quand nous disons que l’institution perd de l’argent, ce ne sont pas 100.000 euros, mais plusieurs millions. Les autorités pourraient au moins nous laisser réinvestir une partie des économies réalisées. Pourquoi n’ont-elles pas ce type de raisonnement ? Dans une entreprise classique, ce serait évident. »

Plus d’autonomie

Le CEO souligne que, malgré l’expertise indéniable de l’Inami et du Cabinet, notre système est hypercentralisé et lent à bouger. « Nous plaidons depuis toujours pour que les hôpitaux aient plus d’autonomie et de responsabilité — les deux vont ensemble. On pourrait bien sûr nous contrôler pour s’assurer du bon usage des moyens. Aujourd’hui, le financement à l’acte bloque les évolutions. Cette rigidité ne va pas toujours dans le sens du patient ni de la santé publique. Nous appelons à une refonte du financement – en intégrant des critères de qualité – mais aussi de la gouvernance du secteur. »

> Lire l’intégralité de l’interview dans Le Spécialiste N°244 

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Derniers commentaires

  • Freddy GORET

    05 décembre 2025

    Bien vu
    Notre ministre va contre toute logique d efficacité médicale
    Notre ministre a une logique uniquement financière et non plus médicale
    Notre ministre a une logique de médecine de type communiste soviétique
    Notre ministre retarde d un siècle et veux revenir aux temps des soviets
    Notre ministre serait le bienvenu chez Poutine