Les soins à faible variabilité menacent de déchirer les spécialistes

Après que le projet de loi soins à faible variabilité a été présenté au Comité de l’assurance lundi, l’ABSyM s’est exprimé davantage sur celui-ci. Il y voit deux problèmes majeurs: le risque d’une augmentation de la complexité administrative et d’un déchirement des spécialistes quand les suppléments devront être calculés.

Le projet de loi que nous vous dévoilions en primeur la semaine dernière a été présenté au Comité de l’assurance lundi. Il promet encore d'âpres discussions. Nous avions déjà mis le doigt sur les problèmes qu’allait créer la répartition des forfaits au sein de l’hôpital. Cette division entre spécialistes pourrait encore être exacerbée.

Dans le système actuel, les suppléments se calculent sur les prestations du médecin individuel, mais cela va donc changer. Le montant forfaitaire servira de base pour le calcul. «Je peux m’imaginer que cela puisse conduire à des tensions entre par exemple un chirurgien qui est conventionné et qui ne demande pas de supplément et un anesthésiste non conventionné. Ou l’inverse», lance Marc Moens, président de l’ABSyM.

Par ailleurs, autre critique du syndicaliste, peut-être encore plus importante: la complexité administrative risque de doubler et les coûts d’exploser.

Marc Moens commente: «Vous allez devoir continuer à utiliser l’ancien système pour les soins à moyenne et haute variabilité et à côté de cela, le nouveau système pour les soins à faible variabilité, pour lesquels il n’existe encore presque rien. Cela risque de nettement compliquer les choses.»

Dans la discussion à ce sujet au Comité de l’assurance, l’un des gestionnaires a déclaré que «puisque les honoraires sont la propriété des médecins, ce sera à eux de régler les problèmes administratifs supplémentaires et d’en supporter les coûts.» Cela ne présage rien de bon…

Bien sûr, ce n’est encore qu’un projet de loi. Le Comité de l’assurance doit encore rendre son avis. Le tout sera de voir si la ministre en tiendra compte… Son chef de cabinet, Bert Winnen, a toutefois laissé entendre que quelques corrections étaient quand même envisageables.

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