Vandenbroucke veut réguler d'urgence les suppléments d'honoraires

Les suppléments d'honoraires doivent être régulés d'urgence, a souligné lundi le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, après la publication des chiffres de l'Agence intermutualiste (AIM).

Il ressort des chiffres présentés par l'AIM que les suppléments d'honoraires ont augmenté en 2024 de 9,1% pour atteindre pas moins de 760 millions d'euros, et ce malgré un gel des tarifs. "Ce baromètre renforce ma conviction qu'il faut vraiment réguler les suppléments d'honoraires", a expliqué le ministre Vooruit.
Frank Vandenbroucke se montre particulièrement préoccupé par la situation contrastée dans ce domaine. Les chiffres montrent en effet qu'un petit groupe de 10% des médecins est responsable de 43% de tous les suppléments facturés. "Cela varie également fortement d'un hôpital à l'autre. Il y a beaucoup de variations, ce qui rend les choses incompréhensibles pour les gens", a expliqué le ministre.
Le ministre a préparé une loi mais celle-ci est soumise à un processus de concertation jusqu'en 2028. Si aucun accord n'est conclu, le gouvernement imposera lui-même un plafond. Une mesure qui risque d'être difficile à prendre au vu des tensions nées dans la majorité sur cette question.
Sans intervention, le socialiste flamand redoute une évolution vers un modèle américain, où les patients sont dépendants d'assurances privées. "Je refuse de me résigner à un système de santé qui exclut certaines personnes et accentue les inégalités. Ici, nous faisons d'autres choix, fondés sur la solidarité", a-t-il affirmé.

Rappelons que, dans sa présentation de l’étude à la Commission nationale médico-mutualiste de vendredi, l’Agence intermutualiste (AIM) a tenu à préciser que les chiffres « concernent exclusivement les suppléments d’honoraires facturés en milieu hospitalier » et « n’intègrent ni les suppléments ambulatoires, ni les rétrocessions versées aux hôpitaux ».
L’AIM souligne également qu’« aucune donnée n’est disponible sur la couverture par les assurances hospitalisation, ni sur la part effectivement supportée par les patients » et que les données « ne permettent pas d’en analyser les déterminants structurels ni d’en apprécier l’impact financier réel » en l’absence d’informations complémentaires. Et dernière précision qui a son importance, en termes de fréquence, l’AIM souligne que les suppléments ne concernent qu’une minorité des séjours. "Aucun supplément n’est facturé pour 80 % des hospitalisations classiques et pour 94 % des hospitalisations de jour." 

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