Un arrêté royal autorisant le déploiement d'équipes de soins structurées dans les établissements de santé sera publié prochainement, a annoncé vendredi le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke. Le texte établit le cadre permettant de déléguer certains actes infirmiers à d'autres professionnels de santé, dans des conditions garantissant la qualité et la sécurité des soins.
Le ministre a présenté cette réforme lors d'une visite à l'AZORG d'Alost, où les préparatifs sont en cours en vue de la mise en place de ces équipes.
Selon Frank Vandenbroucke, cette nouvelle organisation doit permettre de mieux utiliser les compétences disponibles au sein des établissements de soins et de répondre à l'évolution des besoins. « Les défis auxquels notre système de santé est confronté sont considérables. Nous voulons préparer l'organisation du personnel soignant pour l'avenir. Nous aurons besoin de nombreux professionnels, et surtout de profils diversifiés, pour assurer l'ensemble des missions de soins, qu'il s'agisse des unités de soins intensifs, des maisons de repos ou des soins à domicile », a-t-il déclaré.
Le futur arrêté royal définit les actes techniques infirmiers pouvant être délégués au sein d'une équipe de soins structurée, les professions concernées ainsi que les conditions de formation requises pour réaliser ces actes en toute sécurité. L'objectif est d'organiser la délégation des tâches selon les compétences des différents professionnels tout en maintenant la responsabilité clinique et la qualité des soins.
Le nouveau dispositif repose notamment sur l'intégration des assistants en soins infirmiers, un nouveau profil dont la première promotion est en passe d'être diplômée. Ces professionnels pourront prendre en charge de manière autonome des situations de soins peu complexes, comme la prévention des chutes ou les soins standardisés des plaies. Pour les situations plus complexes, ils interviendront au sein d'une équipe de soins structurée, en collaboration avec l'infirmier responsable des soins généraux et, le cas échéant, le médecin.
L'arrêté élargit également les possibilités de délégation de certains actes infirmiers. Les assistants en soins infirmiers pourront notamment utiliser certains appareils de ventilation, poser des sondes urinaires ou réaliser des prises de sang lorsque les conditions prévues seront réunies. Les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et d'autres professionnels de santé pourront eux aussi se voir confier davantage de tâches au sein de l'équipe.
« Nous tirons ainsi mieux parti des connaissances et de l'expérience de chaque professionnel et renforçons la collaboration au sein de l'équipe soignante. L'objectif est de pouvoir mieux répondre aux besoins de soins de chaque patient. Parallèlement, cela rend le métier des soignants nettement plus attractif », a déclaré le ministre.
Selon Frank Vandenbroucke, les équipes de soins structurées doivent également favoriser une organisation davantage centrée sur les besoins du patient que sur une répartition des tâches strictement définie par profession. « Elles ne se basent pas uniquement sur ce que chaque profil professionnel est autorisé à faire séparément, mais surtout sur les besoins du patient, les compétences présentes au sein de l'équipe et des accords clairs en matière de qualité et de sécurité », a-t-il conclu.







