Deux tiers de la facture pour une prothèse de genou paient le matériel

Le coût du matériel représente un poste de dépense trop important dans la facture d'un patient hospitalisé, dénonce vendredi la Mutualité socialiste. Il arrive en deuxième position (22% de la facture), après les frais liés au séjour, ressort-il de son baromètre hospitalier 2017. En prenant l'exemple du placement d'une prothèse de genou, le matériel représente même deux tiers de la facture en chambre commune ou à deux lits.

En moyenne, un patient devra débourser 827 euros pour placer une prothèse de genou en séjournant dans une chambre commune ou à deux lits. Dont 557 euros pour payer le matériel, relève Solidaris. 

Le coût du matériel se divise en deux parties. La première, appelée «marge de sécurité», est la différence entre le prix du fournisseur du matériel et l'intervention de l'assurance maladie. La seconde, la «marge de délivrance», correspond à 10% du prix total (soit le remboursement de l'Inami ajouté à la marge de sécurité). Elle est plafonnée à 148 euros par pièce de matériel.

En moyenne, une prothèse de genou coûte 3.350 euros, dont 2.793 euros (86%) payés par l'assurance maladie. Le montant à charge du patient reste élevé, note toutefois Solidaris: 406 euros de marge de sécurité et 151 euros de marge de délivrance, pour un total de 557 euros.

Par ailleurs, la mutualité regrette que le statut social du patient n'influence pas le coût du matériel restant à sa charge. Ainsi, les bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM) doivent s'acquitter de 548 euros pour payer le matériel, contre 559 euros pour les autres. Le matériel pèse donc davantage dans la facture des BIM: 75% en moyenne. 

En revanche, l'hôpital choisi par le patient importe. Selon l'établissement, il faudra sortir de sa poche 386 euros pour l'hôpital le moins cher et 726 euros pour le plus cher. Cette différence ne s'explique pas vraiment aux yeux de la mutualité: ni le nombre de pièces utilisées pour l'intervention, ni l'âge du patient ne l'éclairent. Elle avance pour hypothèse la sélection des pièces par les chirurgiens, ceux-ci ayant l'embarras du choix entre des prix variés. «Une analyse plus approfondie» devrait toutefois confirmer cette supposition.

Le baromètre des coûts hospitaliers s'appuie sur les données de facturation des affiliés de Solidaris ayant séjourné à l'hôpital en 2017, soit 529.345 admissions classiques.

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