Deux tiers des hôpitaux flamands imputent indûment des frais supplémentaires

En Flandre, deux hôpitaux sur trois facturent à tort des suppléments pour les consommables médicaux. C'est ce que révèle une enquête menée par la mutuelle socialiste Solidaris auprès de quinze établissements de la région. "Cette pratique constitue une violation des droits des patients", insiste Paul Callewaert, secrétaire général de l'organisation.
Selon Solidaris, les consommables médicaux, les produits de soin, le petit matériel chirurgical et les bandages devraient normalement être couverts par le financement standard des hôpitaux. "Ils ne devraient pas être facturés aux patients", affirme M. Callewaert. "Les hôpitaux qui imputent néanmoins ces suppléments font payer les patients deux fois pour le même service."
L'enquête de Solidaris a permis de découvrir qu'un hôpital de Flandre occidentale facture 18 euros supplémentaires pour une blouse chirurgicale si le patient décide de l'emporter. "Ce type de vêtement, ouvert dans le dos, est uniquement destiné à un usage hospitalier", précise M. Callewaert.
Parmi d'autres exemples figurent des frais de 21,90 euros pour du matériel de suture, 5,5 euros pour des aiguilles ou 3,5 euros pour un pansement. "Étant donné que ces montants sont généralement modiques, les patients ne les remettent pas en question. Pour les hôpitaux, l'accumulation de ces petits montants représente une somme substantielle", explique M. Callewaert.
Concernant les produits qui ne relèvent pas strictement des soins, tels que le shampooing, une brosse à dents, du dentifrice, des chaussettes antidérapantes et un pyjama, leur facturation est autorisée. "Il s'agit d'articles que les patients peuvent facilement apporter eux-mêmes lors d'un séjour hospitalier. Leur facturation est donc permise", précise le secrétaire général.
M. Callewaert souligne l'importance pour les patients de s'informer à l'avance, en raison de cette zone grise. "C'est pourquoi il est impératif que chaque hôpital publie une liste de prix détaillant les suppléments facturés. Les prix demandés par les hôpitaux pour ces articles doivent également rester raisonnables."

En réponse, le ministre Vandenbroucke déclare que des soins de santé abordables constituent la priorité absolue. "Les hôpitaux doivent respecter les règles. Le double financement n'est pas possible : les éléments inclus dans le financement de l'hôpital ne doivent pas être à la charge des patients. De plus, ils doivent inclure de manière claire et transparente dans leurs estimations de prix les produits non remboursés", a déclaré le ministre .

Il conseille aux patients qui en sont victimes, en cas de doute, de transmettre leur facture d'hospitalisation aux caisses d'assurance maladie, qui peuvent intervenir en cas de mauvaise application de la réglementation. "Enfin, nous appelons les hôpitaux à pratiquer des prix équitables pour les produits non remboursés", conclut Frank Vandenbroucke.

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