Seul 20% des entreprises biopharmaceutiques sont matures sur le plan numérique (Etude)

Les entreprises biopharmaceutiques en Belgique sont à la traîne par rapport à celles des États-Unis et d’autres pays européens. C'est ce que démontre la Digital Business Global Executive Study 2018 Deloitte/MIT.

Alors que de nombreuses entreprises biopharmaceutiques examinent diverses possibilités numériques, telles que l’implication des consommateurs via des applis, l’amélioration des opérations à l’aide de l’intelligence artificielle et la fourniture de soins personnalisés, à peine 20% de ces entreprises sont matures sur le plan numérique d’après la Digital Business Global Executive Study 2018 Deloitte/MIT. Et cela, bien que 58% d’entre elles déclarent que le numérique est une priorité majeure de la direction et que 75% espèrent tirer parti de leurs initiatives numériques dans les 5 années à venir.

« Les dirigeants du secteur biopharmaceutique sont conscients du fait que s’ils ne procèdent pas à la transformation numérique, ils seront dépassés par des concurrents plus dynamiques », déclare Tom Van Wesemael, responsable des sciences de vie chez Deloitte Belgique. « Cette transformation peut toutefois entraîner certains défis culturels qui ralentissent le rythme du changement. La bonne nouvelle est que les mentalités évoluent vers davantage d’expérimentation, de collaboration et d’innovation en ce qui concerne le numérique. »

L’étude observe que, par rapport aux autres secteurs concernés par la transformation numérique, le secteur biopharmaceutique se range dans la catégorie moyenne en termes de maturité numérique et de souplesse du leadership requis. Il devance les secteurs de la fabrication, des banques et assurances et des services publics, mais accuse un retard par rapport aux entreprises IT, du divertissement et des télécommunications.

La biopharmaceutique en Belgique

« Aujourd’hui, nous constatons les premiers indices du début de la transformation numérique en Belgique et de son déploiement à une plus grande échelle. Les entreprises biopharmaceutiques en Belgique demeurent toutefois à la traîne par rapport à celles des États-Unis et d’autres pays européens », constate Benoit Brouwers-Dierickx, responsable Digital des sciences de vie et santé chez Deloitte Belgique.

Tant « Digital Belgium », le plan du gouvernement fédéral, que le Digital Act de 2016 forment les bases de la transformation numérique en reconnaissant l’équivalence entre les formats papier et numérique. Pour le secteur des sciences de vie en particulier, le projet Open Data du gouvernement envoie un message fort quant à la possibilité d’accéder aux données publiques et anonymes. Ce genre d’initiatives devrait contribuer à l’accélération de la transformation numérique en créant des pôles de données santé spécifiques et en fournissant des enseignements pour la recherche et le développement. « Nous constatons qu’au Royaume-Uni, les données ouvertes NHS permettent au secteur des sciences de la vie d’accélérer et de concentrer davantage leurs recherches », explique Benoit Brouwers-Dierickx.

À quel stade de la numérisation se situe le secteur biopharmaceutique ?

La plupart des dirigeants du secteur biopharmaceutique estiment que leur entreprise est soit au début de son parcours (25%), soit en cours de développement de ses capacités (55%). Bien que la plupart des entreprises en soient encore au stade de développement, 58% indiquent que le numérique est une priorité majeure des dirigeants, 75% espérant tirer parti de leurs initiatives numériques dans les 5 années à venir.

« Interrogées sur leur leadership, plus des trois quarts des entreprises biopharmaceutiques (78%) déclarent qu’elles doivent trouver de nouveaux dirigeants pour s’imposer à l’ère du numérique. Seuls 20% d’entre elles expliquent qu’elles cherchent à acquérir le type de dirigeants ayant les capacités nécessaires pour faciliter la transformation. Cela signifie que ces entreprises pourraient devoir rechercher en externe des dirigeants numériquement compétents. Certaines entreprises engagent des Chief Digital Officers, provenant souvent d’autres secteurs, pour diriger leurs efforts de transformation », déclare BenoitBrouwers-Dierickx.

L’étude constate par ailleurs que de nombreuses entreprises biopharmaceutiques ne souhaitent pas financer adéquatement des projets numériques ou y affecter le personnel nécessaire. Plus de la moitié des répondants reconnaissent que le manque de financement adéquat représente un frein majeur à leurs initiatives numériques.

Le patient devient le consommateur

« 75% des patients consultent d’abord l’internet pour obtenir un diagnostic avant de se rendre chez le médecin. Le patient est désormais moins dépendant d’un avis médical car il se sent plus autonome et responsable. Il s’agit là d’une possibilité qui s’offre au secteur de maîtriser le contenu et en faisant ainsi de répondre au besoin d’informations des patients, tout en renforçant la confiance des consommateurs. L’entreprise biopharmaceutique de l’avenir sera donc orientée vers le patient », explique Benoit Brouwers-Dierickx.

On constate un glissement du marché, car les anciens modèles de gestion simples B2B et B2C sont désormais beaucoup plus complexes. Le secteur se dirige vers un modèle de gestion B2B2C, où les informations sur le patient et la consumérisation des produits bénéficient d’une priorité élevée afin de fournir des résultats à la fois meilleurs et plus rapides.

Quels sont les freins pour certaines entreprises biopharmaceutiques ?

L’enquête détecte un certain nombre de facteurs, tels un manque de vision claire, un leadership inadéquat et le financement limité de la transformation numérique.

Même si la numérisation est une priorité pour plus de la moitié des entreprises biopharmaceutiques interrogées, certaines déclarent que leur organisation peut être distraite par le syndrome de « l’objet brillant » : le détournement de leur attention en fonction de ce qu’ils entendent à propos de leurs concurrents.

L’enquête constate également que de nombreux membres du personnel des entreprises biopharmaceutiques souhaitent une vision plus claire de la direction quant aux efforts numériques entrepris.

« Les possibilités sont légion pour transformer numériquement la manière dont ces entreprises impliquent les patients, les médecins, les systèmes de santé et les investisseurs, ainsi que comment elles créent de nouveaux produits ou procèdent à une foule d’autres améliorations. La transformation numérique impactera aussi de manière positive les employés car elle offre davantage de possibilités au niveau du revenu et du recrutement », poursuit Benoit Brouwers-Dierickx. « Mais elle exige une stratégie d’entreprise bien fondée, une culture de collaboration et un leadership coopératif. Elle suppose par ailleurs la prise de risques, éléments inhérents à toute perturbation engendrée par la numérisation. Les entreprises biopharmaceutiques se doivent d’affronter ces risques courageusement, plutôt que de permettre à diverses préoccupations de retarder leurs efforts de transformation. »

> Pour découvrir toutes les conclusions de la Business Global Executive Survey 2018, consultez le site web de Deloitte : www.deloitte.com/be/biopharma

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