Hôpitaux: «Stop à la sinistrose» (François Burhin)

Si le dernier rapport MAHA était plutôt déprimant pour les hôpitaux belges, le Centre hospitalier EpiCURA semble plutôt bien se porter. Son directeur général, François Burhin, explique comment des mesures peuvent être prises pour garder des finances saines.

Le dernier rapport MAHA 2017 indique que la situation structurelle des hôpitaux se dégrade. Certains tirent toutefois leur épingle du jeu comme l’explique le directeur général du Centre hospitalier EpiCURA, François Burhin: «Nous avons toujours été en boni tout en ayant une qualité de soins reconnue. Aujourd’hui, EpiCURA présente un résultat courant positif depuis cinq ans. En termes relatifs, le résultat courant représente plus de 1% du chiffre d’affaires et progresse positivement alors que la moyenne nationale se dégrade (0,2% en 2017)».

D’où provient ce miracle? «Nous ne faisons aucune économie sur la qualité et la sécurité. Nous nous trouvons au-delà de la norme d’encadrement de 13 personnes par 30 lits. Par ailleurs, nous ne nous lançons pas dans des projets pharaoniques de rénovation. Nous avons prévu un projet de 130 millions et on a fait nos calculs pour transformer l’hôpital en le dotant d’atouts pour permettre une certaine agilité des soins à long terme. Nous aurions évidemment pu rentrer un projet de 300 millions à la Région, mais ce n’était pas réaliste. Nous sommes ‘réseau-nable’».

EpiCURA est une institution privée qui doit assumer un endettement historique important. A ce titre, elle reste proche de la moyenne wallonne qui s’établit globalement à 41% en 2017. Depuis 5 ans, le cash-flow reste suffisant. Cette bonne situation financière permet de poursuivre les investissements notamment pour le renouvellement de son matériel médical (+13% entre 2017 et 2016). «Cela nous permet aussi de frapper à la porte des banques et d’être crédible. Nous avons pu faire des transformations sur fonds propres comme le financement de nos nouvelles urgences à hauteur de 25 millions. Par ailleurs, nous restons à l’écoute de synergies peu coûteuses. Nous avons récemment délocalisé, pour un loyer raisonnable, tous nos services administratifs dans un ancien bâtiment du SPF Finances qui possédait en plus des grands parkings. On y a regroupé 160 personnes. Cela nous a permis d’utiliser, dans l’hôpital, de l’espace pour des soins et de gagner des places de parking.»

Cette bonne santé lui donne aussi un atout pour le plan wallon des infrastructures hospitalières: «Nous, on peut mettre notre proposition de projets en action immédiatement… mais on sait qu’il y a trois fois plus de demandes que de moyens».

Avec plus de 2.500 salariés, EpiCURA a fait progresser son nombre d’ETP de 3% en cinq ans pour répondre aux besoins particuliers (vieillissement de la population, patients polypathologiques, maladies chroniques). «Nous avons aussi une longue habitude de dialogue avec le corps médical à propos du partage des honoraires. Il y a une forme de solidarité entre les 500 médecins qui travaillent chez nous. On se voit très souvent à propos des rémunérations surtout que nous travaillons sur 5 sites d’exploitation.»

La réflexion va d’ailleurs se poursuivre dans le cadre des réseaux avec déjà un dialogue avec le CHR Haute Senne et le Chwapi. «Nous attendons de voir ce que Maggie De Block va décider. Nous n’avons toujours pas de normes ni la liste des premières collaborations bien que la loi soit passée.»

Enfin, il n’élude pas la question des faillites des hôpitaux aux Pays-Bas: «Nous avons déjà connu cela avec l’hôpital Gailly à Charleroi, et à Bruxelles aussi. Il faut donc être prudent».

  2017 2016 2015 2014 2013
% fonds propres/
total passif 27,25% 26,49% 25,74% 25,20% 24,76%
% d’endettement financier 42,00% 43,35% 44,86% 43,55% 56,09%

 

  2017 2016 2015 2014 2013
Cash flow brut/dettes à plus d’un an échéant dans l’année 1,20 1,24 1,48 1,40 1,31
Créances à court terme + valeurs disponibles/dettes à court terme 1,26 1,31 1,40 1,26 1,17

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