Impossible de geler les suppléments d'honoraires sans mieux financer les hôpitaux (Absym)

Le gel des suppléments d'honoraires ne peut être appliqué tant que le gouvernement n'augmente pas le financement des hôpitaux, réagit vendredi l'Association belge des syndicats médicaux (Absym) au baromètre hospitalier 2017 de Solidaris. La mutualité socialiste y révèle que ces honoraires ont de nouveau augmenté dans les hôpitaux belges.

Fin 2017, les médecins et les mutuelles avaient convenu au sein de la commission nationale de l'Inami (medicomut) de geler les suppléments d'honoraires. "L'Absym a accepté d'observer ce 'standstill', mais c'était sans compter sur les hôpitaux", pointe le syndicat. "Outre les médecins et les mutuelles, une tierce partie est impliquée, à savoir les hôpitaux, qui ont leur propre commission de convention avec les mutuelles. Et c'est avec eux que le bât blesse."

Selon l'Absym, les hôpitaux étaient invités dans la medicomut à une concertation constructive sur la mise en oeuvre de l'accord conclu mais ils ont décliné l'offre. "Pour les hôpitaux, un statu quo n'était négociable qu'à la condition qu'ils obtiennent les garanties que le sous-financement des établissements hospitaliers allait être éliminé", indique l'association.

Le statu quo convenu signifie que les médecins gèlent leurs suppléments au niveau de ceux réclamés jusqu'à la fin 2017 et que les hôpitaux n'effectuent "plus de retenues supplémentaires sur les honoraires des médecins", explique l'Absym.

Il ne pourra être appliqué que si les hôpitaux y mettent du leur et pour ce faire, le gouvernement doit augmenter le budget du financement hospitalier, continue l'Absym. Faute de quoi, un certain nombre d'hôpitaux devront fermer leurs portes, sachant qu'environ 40% des établissements belges sont déficitaires, souligne l'association. L’étude MAHA réalisée par Belfius le confirme. En Wallonie et à Bruxelles, ce déficit s’étend à la moitié des hôpitaux. La question est de savoir si tous ces hôpitaux doivent continuer à fonctionner comme ils le font aujourd'hui.

Avec la mise en place des réseaux hospitaliers, il faudra évoluer vers des "focused factories". Cela pourrait impliquer des reconversions de services ou même d'hôpitaux. Un hôpital se concentrerait sur les soins aux personnes âgées, un autre sur les maladies cardiaques, un autre sur les soins orthopédiques, l’un sur les soins mère-enfant, etc... Cela semble également être l'objectif que la Ministre De Block met en place avec la loi sur les réseaux hospitaliers qui doit être votée avant la fin de cette année et qui devrait entrer en vigueur le 01.01.2020.

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