Santhea : «La ministre de la santé doit être l'avocat du secteur » 

En dévoilant son mémorandum, la fédération des hôpitaux entend rappeler les priorités d'un secteur qui a souffert « du manque de dialogue et de confiance de la précédente ministre fédérale de la santé...  et qui demande la fin du projet de soins de basses variabilités. »

« La santé n’est pas un coût : c’est un investissement » rappelle Yves Smeets, directeur général de la Fédération d'hôpitaux Santhea : « On a connu une législature compliquée. Il faut rétablir un dialogue et la confiance et surtout ne plus avoir un ministre qui travaille contre le secteur mais qui est plutôt son avocat. » Pour lui la priorité pour les institutions de soins est de maintenir  un cadre budgétaire stable. « On ne peut plus subir plus de 2 milliards d'économies comme au cours de ces 5 dernières années. » Santhea demande, par ailleurs, l’octroi d’un budget one-shot via emprunt exceptionnel par l’Etat pour solder tout le sous-financement du passé. « Les hôpitaux ne sont plus en mesure de fonctionner correctement sans cela et l’on ne peut exclure de nouvelles faillites hospitalières. »

Honoraires de médecins

Il est, par ailleurs, indispensable de revoir fondamentalement le financement hospitalier. « Les hôpitaux sont littéralement dépendants de la part de financement importante que représentent les rétrocessions d’honoraires médicaux. » La priorité doit être donnée à la régulation des suppléments d’honoraires des médecins spécialistes en ambulatoire : « tant que ce n’est pas le cas, rien ne peut changer au niveau hospitalier. En effet, l’exode des médecins spécialistes vers l’ambulatoire serait encore plus grand. »

Stop aux soins basses variabilités

Pour la fédération, la durée de séjour à l’hôpital ne peut se résumer à une opération mathématique : « on ne peut réduire le patient à une pathologie sans le prendre en compte dans sa globalité. » Au niveau des réseaux, la situation reste complexe : « Il n'y a toujours pas d'arrêtés d'exécutions au niveau fédéral alors qu'ils seront en théorie actifs au 1er janvier 2020.  Les objectifs poursuivis par les autorités doivent donc être clarifiés, en termes notamment de timing ou de place des hôpitaux académiques. » Le plus grave pour lui est de devoir faire face à une « quantité de réformes annoncées qui sont restées inabouties et sans concertation sectorielle. » Le pire exemple pour lui : les soins basses variabilités. « Cela a compliqué la vie des médecins et notre travail. Nous sommes toujours dans le brouillard avec cette réforme. On demande son abandon parce que la ministre a complexifié le système jusqu'à l'absurde alors que l'on demandait de la transparence. » ajoute Yves Smeets.  Le mémorandum ne cache pas que la réduction des durées d’hospitalisation et le développement du concept de soins intégrés complexifient les soins. « Il faut donner aux soignants les moyens d’assumer leurs missions. » Il attend aussi un soutien pour le développement de l’e-santé. Les chantiers ne manquent donc pas !

> Consultez le memorandum

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