Vers une inéluctable fermeture de lits?

Au fil de la lecture des pages du rapport MAHA de Belfius, les mines des interlocuteurs s’allongent. Comment sortir la tête des chiffres rouges qui s’additionnent ? Pour Jacques De Toeuf, vice-président de l’ABSYM : «Les vaches à lait comme le secteur de la pharmacie s'assèchent. La situation financière est inquiétante même s'il faut savoir y apporter certaines nuances dans la lecture des créances à long terme notamment.» Pour lui, le plus important est de trouver des solutions. «Les gestionnaires vont devoir fermer des lits C et D et des lits pédiatriques. Il y a là des économies à faire notamment au niveau du personnel et de sa réorientation vers un travail en hôpital de jour en favoriser ces services avec des bonus adaptés. Cette fermeture de lits est indispensable lorsque l'on sait que 7000 lits agréés  par les régions ne sont pas justifiés par les pathologies et n'apportent donc aucune recette. Ces mesures ne coûtent pas chers et peuvent permettre d'inverser la tendance.»

Financement des statutaires

Un autre débat se situe au niveau de la concurrence salariale imposée par certains médecins. Pour  Paul d'Otreppe, le président de l'Association belge des directeurs hospitaliers (ABDH), les réformes sont nécessaires. « Aujourd'hui l'offre ne correspond plus à ce qu'il faut objectivement mettre en place pour avoir les meilleurs soins au meilleur coût. Il y a deux gros chantiers du côté wallon : la gouvernance et le financement des statutaires.» Il croit dans l’avenir des réseaux : «On voit en Flandre que l'on peut retrouver des marges lorsque la pratique de réseau est bien menée. C'est la bonne solution avec le financement par pathologie. Nous devons combattre aussi les écarts salariaux entre les médecins qui ne correspondent pas à la qualité ou à la compétence.»

Pour Christophe Delvoie, directeur Administratif et Financier du  Groupe Jolimont,«le financement des hôpitaux doit clairement se réinventer et se simplifier. Actuellement la solution trouvée pour atteindre l’équilibre financier (au minimum) est d’agir sur les coûts (non remplacement des ETP, plus faible investissements, négociation et tension avec nos fournisseurs, etc…) mais cette tension sur les coûts ne peut perdurer sans avoir des conséquences à moyen terme sur la qualité des soins.» Selon lui le gestionnaire n’a que de faibles marges de manoeuvre pour agir sur les recettes (prix inami des actes fixé, suppléments patients très contrôlés, forfaitarisations, etc…). 

Trous budgétaires

Du côté des fédérations hospitalières, Pierre Smiets, directeur générale de l'UNESSA, note qu’«avant les honoraires compensaient certains trous budgétaires, ce n’est plus possible aujourd’hui. Par ailleurs, en Wallonie par rapport à la Flandre, les investissements n’avancent pas. Enfin, nous allons devoir avancer vraiment sur le rapprochement des hôpitaux publics et privés.» L’UNESSA demande un financement, indexé et sans révision à la baisse, soit assuré pour une période de 5 ans minimum. Dieter Goemaere de l'association GIBBIS, lui, a résumé toutes les polémiques en une phrase : «Arrêtons de presser le citron !»

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